29 mai 2006

COMMUNES : LETTRE P

peille PEILLE : Le site possède de nombreux vestiges de murailles d’enceintes datant du néolithique. Lorsque Pilia est mentionné, en 1029, c’est une commune libre administré par trois consuls élus. En 1176, son autonomie et ses privilèges sont confirmés par le comte de Provence, à qui elle a prêté main forte contre les Niçois. A cette époque elle forme une confédération républicaine avec Lucéram et Utelle. Peille est une cité importante : elle possède les fiefs de Castellar, Gorbio, Sainte-Agnes, Berre-les-Alpes, Contes, L’Escarène, Peillon et la Turbie. La plupart de ces villages se séparèrent de leur ville de tutelle aux XIIe et XIIIe siècles (Castellar, Peillon, La Turbie…). L’Escarène obtiendra son autonomie en 1520, et Blausasc en 1926. Au XIVe siècle, le comte de Provence fait de Peille l’un des trois chefs-lieux de bailliage de la viguerie de Nice. Il comprenait 18 communes, dont La Roquette (sur-Var), Levens, Aspremont, Coaraze, Berre, Eze, La Turbie. En 1347, la cité est rattachée à la viguerie de Vintimille, avec Sospel pour chef-lieu. A partir de 1388, elle passe sous le protectorat de la maison de Savoie. Lors de l’afflouage de 1408, 66 foyers sont recensés (environ 330 habitants). En 1614, Peille est inféodée pour la première fois. Le duc de Savoie dédommage ainsi le comte Albino Bobba envers lequel il à une dette. La cité devient seigneurie en 1621, et est érigée en comté en 1651, en faveur de Jean-Paul Lascaris-Vintimille, grand maître de l’ordre de Malte. Cette famille conservera le fief jusqu'à la Révolution. Après avoir été française à partir de 1792, Peille réintègre l’Etat sarde en 1814, avant d’être annexé à nouveau par la France en 1860 suite au plébiscite truqué.

peillon PEILLON : Les collines environnantes possèdent de nombreux vestiges d’enceintes datant du néolithique. Pellon est cité pour la première fois en 1150. Les paroisses de Peille et Peillon relevaient alors de l’abbaye de Saint-Pons, mais en 1154, le pape les confie aux chanoines de Saint-Ruff de Valence. L’histoire du village se confondit longtemps avec celle de Peille, dont il dépendait. En effet, ce n’est qu’en 1235 qu’il obtient son détachement de sa ville de tutelle. Il connut donc la même administration consulaire. En 1388, comme tout le Pays de Nice, Peillon se rallie librement à la maison de Savoie. Jusqu’à la Révolution française, le fief resta partagé entre de nombreux coseigneurs dont les plus marquants furent les Caïs, les Berre, les Tonduti, les Borriglione et les Barralis. En 1482, la communauté d'habitants achète certains droits aux coseigneurs dont celui d’utiliser les moulins à huile. En 1792, le village est occupé par les révolutionnaires français. Ensuite Peillon redevient sarde de 1814 jusqu’en 1860, date de l’annexion du comté de Nice par la France.

penne__la_ LA PENNE : Comme l’attestent les ruines de plusieurs castellaras, le site fut habité par les Ligures. Il s’agit de la tribu des Beretini, que les Romains exterminent et dont ils occupent le territoire. Celui-ci étant proche d’une voie de communication reliant Nice à Puget-Théniers, ils y établissent une étape d’approvisionnement, avec relais de chevaux. Les vestiges de petites fabriques de tegulae (tuiles en terre cuite) ainsi que de sépultures romaines ont également été retrouvées au hameau de Besseuges. Au XIe siècle, le Castello Penna appartient aux Thorame-Glandèves. Cette ancienne place forte, qui commandait l’accès à la vallée du Var, est citée en 1079, ainsi que le Val de Chanan, dans ces actes de donation de faveur à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. La présence des Templiers est mentionnée au XIIIe siècle. En 1525, à la suite d’une inondation qui provoque la mort de 78 personnes à Puget-Théniers, de nombreux habitants désertent le village et s’installent à la Penne. Au XVIIe siècle, après la chute des Grimaldi de Beuil (1621) le fief passe aux d’Authier et la famille Durand de La Penne, apparenté aux précédents feudataires, est investi de la seigneurie (1778). Lors des rectifications de frontière entre la France et le Piémont-Sardaigne en 1760, La Penne est cédée au Royaume de Piémont-Sardaigne. Son histoire va désormais se confondre avec celle comté de Nice.

peone PEONE : Le territoire est initialement occupé par la tribu ligure des Nemeturi. Au Ve siècle après J-C, il est rattaché à l’évêché de Glandèves. La paroisse de Péone va dépendre de cet épiscopat jusqu’à la Révolution. Après la chute de l’Empire romain, le fief est donné au comte Griffon, apparenté à la maison seigneuriale des Glandèves. La fondation du village remonte probablement au Xe ou XIe siècle. En 1200, le castrum primitif appartient toujours aux Glandèves. En 1252 il relève des comtes de Provence et, par le jeu des successions, il est partagé entre plusieurs membres de la famille des Glandèves, dont les barons de Beuil avant d’échoir en totalité à ces derniers au début du XIIIe siècle. A partir de cette période, son histoire se confond avec celle de Beuil. Contre paiement d’une redevance annuelle, les Grimaldi, seigneurs du fief, concèdent à leurs vassaux un certain nombre de privilèges. Sous le comte de Provence Raymond Bérenger V (1209-1245), le village aurait été repeuplé par des colons originaires de Catalogne (d’où le surnom de Catalan donné aux Péoniens). Lors de l’affouage de 1315, 75 feux sont recensés (environ 375 habitants). Le 14 novembre 1388, c’est au château de Péone que les communautés d val d’Entraunes rendent l’hommage à Amédée VII de Savoie, représenté en l’occurrence par Jean Grimaldi de Beuil. En 1391, à la suite de querelles avec les Guillaumois, le bourg est pillé et incendié par ces derniers. Cette rivalité s’explique par le rôle économique important de Péone, situé au carrefour de transhumances, et en possession d’immenses pâturages sur le plateau du Quartier (futur emplacement de Valberg). En 1527 le bourg est pillé par le seigneur Honoré des Ferres. A la suite de l’exécution, en 1621, d’Annibal Grimaldi, Péone est inféodé au comte Cavalca (22 octobre 1623). Vers le milieu du XIXe siècle commence l’exploitation d’une mine de plomb située dans le vallon de Saint-Pierre de Péone. Cette activité est interrompue au début XXe siècle. La création de la station de sports d’hiver de Valberg, en 1936, donne un nouvel essor à la commune.

pierlas PIERLAS : Le site fut occupé par les Romains, mais le castrum de Pirlas n’est fondé qu’au XIIe siècle. C’est alors un fief des barons de Beuil. Lors de l’affouage de 1315, 60 feux sont recensés (environ 300 habitants). Après l’exécution d’Annibal Grimaldi, Pierlas est inféodé à Annibal Badat (le 22 mai 1621). En 1662 il passe aux Brès, pis aux Brage et enfin aux Léotardi. Le 25 juin 1681, Ludovic Caïs épouse Marguerite Brage qui lui apporte Pierlas en dot. Le 21 mars 1764, le fief est érigé en comté en faveur des Caïs de Pierlas, une très ancienne famille originaire de Valdeblore.  

pierrefeu PIERREFEU : Le village est cité pour la première fois au XIe siècle, mais l’occupation du territoire est très ancienne. En effet de nombreux vestiges témoignent de la présence des Romains (tombeaux et vases funéraires, débris de mosaïques et de pavements, monnaie et médailles à l’effigie de plusieurs empereurs). On suppose que Petra Ignaria était un post de surveillance et de relais pour la transmission de messages, permettant ainsi à Rome de communiquer avec les îles Britanniques, et jusqu’au mur d’Hadrien, en Ecosse. Pendant le haut Moyen Age, la région subit de multiples invasions, mais au VIIIe siècle, les habitants de la vallée de l’Estéron stoppent l’avancé des Sarrasins. En 1256, il avait deux châteaux. En effet, la population avait beaucoup augmenté et un nouvel habitat fortifié, le castrum de Cade Neda, est bâti à La Cainea, en contrebas de la place forte primitive. Les Glandèves, seigneurs de Pierrefeu, étaient perpétuellement en lutte avec les Rostaing feudataires d’Ascros et de Cuebris. Au début du XIVe siècle, le comte de Provence Robert d’Anjou met fin aux troubles engendrés par ces querelles, fait détruire le castrum de Cade Neda, et réunit celui de Pierrefeu à la Chambre royale. En 1381, la reine Jeanne le donne à Guillaume Chabaud, seigneur de Torettas (Voir Tourrette-du-Château). Peu de temps après, ce feudataire concède aux Pierrefeutins la jouissance des droits et privilèges municipaux (que la maison de Savoie confirmera après la dédition de 1388). La seigneurie qui est érigée en comté en faveur des Blavet, et ensuite des Frichignons jusqu’à la Révolution.

.

puget_rostand PUGET-ROSTANG : Au XIe siècle, tous les fiefs de la haute Tinée et de la haute vallée du Var son inféodés à un seul seigneur, Rostaing de Thorame, de la famille des Castelane. C’est à cette époque que le castrum, qui porte le nom de son feudataire, est mentionné pour la première fois, Au XIVe siècle, le fief appartient à Pons de Daluis, qui passe une convention avec la population au sujet des droits féodaux. En 1402, des transactions sont effectuées entre les habitants et leur seigneur, Elzéar de Daluis, pour une réactualisation de ces privilèges et libertés. Les villageois, organisé en commune libre ont des représentants permanents ou syndics. En 1528, à la suite d’une nouvelle convention passée avec leur seigneur, Georges de Castellane, les Rostagnois obtiennent le droit d’être dirigés par deux consuls. En 1681, la seigneurie passe aux Boéri. En 1760, Puget-Rostang, comme Auvare, Cuébris, Daluis, Guillaumes, La Croix, La Penne, Saint-Antonin et Saint-Léger, est cédé au royaume de Piémont-Sardaigne. De 1786 à 1793, le fief est inféodé aux Champossin. L’histoire de Puget-Rostang va se confondre avec celle du comté de Nice.

puget_theniers PUGET-THENIERS : Le territoire est primitivement occupé par les Ectini, dont le nom figure sur le Trophé des Alpes. Lorsque les Romains, en 49 avant J-C annexent la région, ils établissent un camp fortifié et ils lui donnent le nom de cette tribu ligure. Après la Pax romana, la région va être ruinée par une longue période d’invasion et de pillage. Pendant ces temps obscurs, Podium Tinearum est presque totalement déserté. Suite à l’expulsion des sarrasins en 973, la région revit. Le Castrum Pojeto est reconstruit en entouré d’une enceinte fortifiée. Rapidement, il va compter 3 000 habitants et devenir un centre commercial très actif. En 1066, les seigneurs du lieu cèdent l’église Notre-Dame-de-l’Assomption à l’abbaye de Lérins. En 1071, Puget-Théniers est divisé en deux parties : la veille ville et la Coste, inféodés aux barons de Beuil, alors que le faubourg dépend du comte de Provence qui lui a octroyé le statu de commune libre et l’a érigé en cours royale. En 1200, le soulèvement des habitants de la veille ville, qui réclament leur autonomie, est sévèrement réprimé par les seigneurs de Beuil. A partir de 1242, et jusqu’à leur dispersion en 1307-1308, les Templiers sont établis dan le faubourg, dont ils possèdent la plus grande partie, ainsi que de nombreux domaines agricoles aux alentours. En 1249, des affrontements violents ont lieu entre le seigneur de Glandèves (Entreveaux) et celui de Puget-Théniers, Albino de Beuil. Entrevaux est envahi et livré au pillage. En 1258, certains des fiefs de Guillaumes du Puget de Saint-Alban lui sont confisqués par le comte de Provence : Puget-Théniers (à qui le comte de Provence accorde des lettres patentes de libertés et d’affranchissement), Auvare (qui devint une forteresse dotée d’une garnison) et Massoins. Puget-Théniers devin le chef-lieu d’une des six vigueries créées par Charles d’Anjou. En 1264, baillie de Puget-Théniers dépend de la viguerie de Nice et comprend 58 localités. A la fin du XIIIe siècle, la petite cité, qui compte alors environ 6 000 habitants. En 1385, Puget-Théniers prête l’hommage à Ladislas de Duras, et lors de la Dédition de 1388, la ville se rallie à la Savoie, Puget-Théniers deviendra alors un des fiefs des Grimaldi de Beuil. En 1348, la peste noire décime le tiers de la population. Des épidémies de peste suivies de famine font encore des ravages en 1451, 1467 et 1498. Ces dernières avaient provoqué un tel dépeuplement que le duc de Savoie autorisa les Juifs chassés de Rhodes à s’établir dans ses Etats afin de « combler le vide laissé par la peste et la guerre… ». La peste frappe encore en 1560 et 1599. A la fin XVIe siècle, il ne restait plus que 800 habitants. Le 20 octobre 1525, à la suite de pluies torrentielles, la Roudoule inonde Puget-Théniers au faubourg et à la Coste faisant 78 morts. Au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, la ville va être plusieurs fois occupée par les Français. En 1691, sur ordre de Louis XIV, le château sera rasé, les Français occupèrent la région jusqu’en 1696. en 1704, le fief, dont Nicolas Grimaldi a été investi par Victor-Amédée II, est érigé en comté. Cette famille le conservera jusqu'à la Révolution. En 1760, à, lieu l’échange de territoire et la simplification des frontières entre les Etats sardes et la France : Auvare, Saint-Léger, La croix, Puget-Rostang et La Penne intègrent le comté de Nice tandis qu’Aiglun, Conségudes, Les Ferres et Roquestéron (la rive droite, qui devint Roquestéron-Grasse) deviennent français. Le Plan, partie du territoire de Puget-Théniers, devient aussi français en étant intégré au territoire de Entrevaux. Entre 1792 et 1815 la ville sera occupée par les armées françaises, comme le reste du Pays de Nice, au début de l’occupation, en 1793, suite au vote truqué pour légitimer l’annexion du Pays de Nice par la France révolutionnaire, Puget-Théniers votera Non et sera une des communes demandant que le comté de Nice soit érigé en république indépendante. Comme le reste du comté de Nice, Puget-Théniers sera rendu à la Sardaigne en 1815, avant d’être de nouveau annexer par la France lors du plébiscite truqué de 1860, où jusqu'en 1926, sous-préfecture du département des Alpes-Maritime, elle sera ensuite rattacher à l'arrondissement de Nice. 

 

Posté par Nebla à 23:46 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , , , ,


COMMUNES : LETTRE R

revest REVEST-LES-ROCHES : A partir du Xe siècle, après l’expulsion des Sarrasins, la période de sécurité qui suit leur départ favorise la création de nouveaux habitas en dehors des enceintes fortifiées des agglomérations. C’est ainsi qu’au XIe siècle, le village de Revest, situé à 2 km en aval de Tourrette (qui deviendra Tourrette-du-Château), fut fondé par des Tourrettans, mais jusqu’au 28 octobre 1871, date de leur séparation, son histoire se confond avec celle de Tourrette-du-Château (voir Tourrette-du-Château). Revestis est mentionné en 1007, dans un état de redevance de la paroisse Saint-Laurent à l’évêché de Gladèves., puis en 1032 dans un acte de donation en faveur du monastère de Saint-Véran, à Cagnes (au sujet d’une vigne à Revesto). En 1091, les frères Malbec donnent l’église Saint-Jean-de-Revest aux moines de Lérins. En raison de son ancienneté par rapport à Revest, Tourrette fut pendant longtemps le chef-lieu et le principal syndic de la communauté nommé Tourrette-Revest. Cette situation provoqua de nombreux problèmes entre les habitants sur les plans administratif, financier et religieux. Les conseillers municipaux se réunissaient dans la chapelle Saint-Grat, à la limite des terres des deux villages, car ils refusaient de siéger dans l’une ou l’autre mairie. Toutefois, les deux derniers conseils furent constitués d’une majorité revestoise, avec deux maires revestois, c’est ce qui a motivé la demande de séparation de la part des Tourrettans. Jusqu’en 1930 Revest s’est appelé Revest-de-l’Estéron, mais à la demande des Postes et Télécommnication, il devient Revest-les-Roches.

rigaud RIGAUD : Comme en témoigne quelques traces d’habitats, le territoire est occupé par une tribu ligure des Eguituri, puis par les Romains qui y exploitent un domaine agricole. Du IIIe au Ve siècle Rigaud relève de l’évêché de Glandèves. Vient ensuite la période sombre des invasions barbares (Lombards) et des razzias des Sarrasins. Au début du XIIe siècle, certains membres de la famille seigneuriale de Rigaud font partie de l’ordre du Temple et y occupent des fonctions importantes (Hugues et Pons de Rigaud sont maîtres du Temple respectivement en 1131 et 1195). Peut-être sont-ils à l’origine de la création de la commanderie de Rigaud. Le castrum de Rigaudo est mentionné en 1247 et 1252, et sa maison templière en 1269. Cet établissement, où résidaient un chevalier et le bailli du Temple, avait de nombreuses dépendance dans les vallées du Var et de la Tinée (Saint-Sauveur, Saint-Etienne-de-Tinée, Saint-Dalmas-le-Selvage, Guillaumes, Annot, Entrevaux, Amirat, Les Mujouls, Cuébris, Villars, Tournefort, Daluis e La Croix-sur-Roudoule). Primitivement possessions des Riquier d’Eze, en 1282, le fief est partagé entre plusieurs coseigneurs. En 1388, lors de la dédition, Rigaud fait partie de la baronnie de Jean et Louis Grimaldi de Beuil. En 1622, après la confiscation des biens d’Annibal Grimaldi, Rigaud (ainsi que Tournefort et Massoins) échoit au préfet de Nice, François Caissotti, pour lequel il est érigé en comté. En 1724 la seigneurie passe à la famille Polloti. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Résistance utilise le plateau de la Dina pour réceptionner des parachutages d’armes.   

rimplas RIMPLAS : En 1067, le cartulaire de l’ancienne cathédrale de Nice mentionne la donation de certains biens situés à Rege Placito, Au XIIe siècle, la seigneurie appartient aux Thorame-Glandèves. La forteresse de Rimplas est bâtie sur un éperon rocheux, entre le Valdeblore et la Tinée. Ce site défensif joue un rôle important à partir du Moyen-Age. Lors de l’affouage de 1315, le village comptait 41 feux (environ 230 habitants). Vers 1352, Pierre Balb et son frère Philippe, des descendants des Rostaing, en sont les feudataires. Pierre possède également Valdeblore, Marie et Roure, et il a des droits sur Saint-Sauveur, Rigaud et Touët. A la suite de sa rébellion, la reine Jeanne lui confisque une partie de ses possessions. En 1376 il est pardonné et établi dans certains de ses fiefs. Ce n’est qu’à partir de 1383-1388 qu’il est dépossédé de ses derniers biens. Rimplas échoit alors aux Faucon, puis à Jean Grimaldi de Beuil. Toutefois il faudra trois ans de combats aux Grimaldi pour conquérir la citadelle de Rimplas (1392). Ils sont investis pour ce fief avec le titre comtal, et ils le conservent jusqu'à la Révolution. 

roquebilli_re ROQUEBILLIERE : Dans l’Antiquité, la station de Berthemont, sur le territoire de Roquebillière, était réputée pour ses sources thermales. Au Ier siècle après J-C, les Romains y construisent des thermes. En 260, Cornélie Salonie (épouse de l’empereur romain Gallien) satisfaite de sa cure à Berthmont, fait accorder certaines libertés aux habitants. En 1141, l’église Saint-Michel est mentionnée lors de sa donation par l’évêque de Nice aux Hospitaliers de Sain-Jean-de-Jerusalem. A cette époque elle relève de l’un des prieurés de leur commanderie de Nice. Au Moyen-Age les habitants de castrum de Rochabelliera sont sous la dépendance directe des comtes de Provence jusqu’au printemps 1388, où les villages des vallées de la Vésubie et de la Tinée rallient le comte Amédée VII de Savoie. Roquebillière est alors inféodé à Antoine Garagno. Au cours des siècles, le village a subi de nombreuses catastrophes naturelles : des tremblements de terre (en 596, 614, 1494) ainsi que des crues (en 1094, 1743, 1772, 1889, 1892). En 1926, l’agglomération primitive, situé sur la rive gauche de la Vésubie, est détruite par un glissement de terrain qui provoque la mort de 19 personnes. Depuis sa création, Roquebillière a été reconstruit plus de six fois.

roquesteron ROQUESTERON : Le territoire est habité par des tribus néolithiques, puis par les Ligures Velanni avant d’être annexé par les Romains. Ces derniers y construisent une place forte importante, sur le parcours d’une de leurs routes stratégiques. Au Xe siècle, le bourg primitif n’occupe que la rive droite de l’Estéron. Ce castrum de la Rocca est une possession des Rostaing de Thorame-Castellane, il va le rester pendant quatre siècles. En 1028 et 1046, le seigneur du lieu, Raymond Rostaing, donne à l’abbaye de Lérins des biens situés sur le territoire de La Rocca. En 1047, le fief échoit à Laugier Le Roux, allié par mariage aux Rostaing de Castellane. En 1388, La Rocca se rallie à la maison de Savoie ; son seigneur, Laugier Rostaing, se réfugie en Provence et ses biens sont partagés (1393) entre les Faucon de Glandèves et le chevalier des Ferres et du Mas. Vers 1492, le fief est inféodé aux Geimaldi de Beuil. C’est à cette période que le village commence à s’étendre sur la rive gauche de l’Estéron, à proximité des terres cultivables, créant ainsi un faubourg. En 1722, le fief, qui faisait à l’origine partie de la seigneurie des Laugier et des Faucon de Glandèves, est érigé en comté en faveur des Roverizio-Pianavia, une famille de Pigna. A la suite du premier Traité de Turin en 1760 sur la rectification et simplification des frontières, ce sont l’Estéron et le Var qui, dorénavant, délimitent la frontière entre les Royaumes de Piémont-Sardaigne et de France. Le village primitif de La Rocca devient français et prend le nom de La Roque-en-Provence alors que le faubourg situé sur l’autre rive et restant dans le comté de Nice est baptisé Rocca Sterone. Le pont de bois qui les relie possédera à partir de cette date une borne frontière en son milieu et devient international. Lorsque le comté de Nice est envahit et occupé par la France révolutionnaire, en 1793, Rocca Sterone sera appeler Roquestéron-Puget jusqu'à sa réintégration dan les Etats Sardes, en 1815. Simultanément, La Roque-en-Provence est rebaptisé Roquestéron-Grasse. Lors de l’annexion de Nice par la France en 1860, les deux Roquestéron refusent d’être réunies. Actuellement, Roquestéron-Grasse situé sur la rive droite de l’Estéron dépend administrativement de l’arrondissement de Grasse, et Roquestéron, sur la rive gauche dépend de l’arrondissement de Nice (donc continue à dépendre du comté de Nice, puisque les limites de l’arrondissement et préfecture de Nice sont celle du comté de Nice en 1860). La route de la vallée de l’Estéron fut achevée en 1870. Cette réalisation permit la création d’un service de diligences, entre 1921 et 1929, un tramway desservit ces villages.  

.

roquette__la_ LA ROQUETTE : Comme l’attestent les vestiges de deux enceintes concentriques sur le mont Fubia, le territoire fut occupé par les Ligures. Le castrum Rocheta est cité pour la première fois en 1028, dans le cartulaire de l’abbaye de Saint-Pons. Cette agglomération va se développer autour du château. Au IXe siècle, les moines de Saint-Pons possèdent un vaste domaine sur les terres qui bordent le Var. Il existe également, à proximité, quelques habitations regroupées autour d’une petite église dédiée à Saint-Martin. Au XIe siècle, ce hameau est rattaché à La Roquette, et la communauté ainsi former va s’appeler La Roquette-Saint-Martin jusqu’en 1867, date de la séparation des deux agglomérations. Au XIIIe siècle, le castrum est inféodé aux Béranger, en coseigneurie avec d’autres feudataires. Des manuscrits de 1209 mentionnent la concession d’un droit de gué (au lieu-dit Bon-Port, à la confluence du Var et de l’Estéron) au commandeur des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. En 1217, ils obtiennent confirmation des droits de passage sur le fleuve, ainsi que des terres près de Gilette. En 1290, le comte de Provence Charles II d’Anjou concède au seigneur de La Roquette-Saint-Martin le droit d’établir sur le fleuve un bac avec péage. En 1320, le fief appartient aux Ranulfi mais, en 1365, ils le vendent aux Litti, seigneurs de Saint-Alban, Bonson et Dosfraires. En 1388, La Roquette-Saint-Martin devient, avec le passage du fleuve à Bon-Port, un village-frontière entre le comté de Nice et la Provence. Le 26 novembre 1446, Charles Lascaris de Vintimille, coseigneur de La Brigue, épouse la fille de Pierre Litti, seigneur de La Roquette, et entre ainsi en possession de la seigneurie (avec le château de Bonson et une partie de Bouyon). Au XVIe siècle la seigneurie échoit, toujours par mariage, aux Laugier. En 1527, les fils du baron de Beuil. Jean-Baptiste, seigneur d’Ascros et son frère René, sont en conflit avec Honoré Laugier, seigneur des Ferres. Ils incendient La Roquette et Levens et prennent la forteresse de Gilette. Assiégés par les Troupes du duc de Savoie, ils doivent s’enfuirent en France, mais deux ans plus tard, ils sont rétablis dans leurs fiefs. En 1698, Alexandre Laugier lègue La Roquette à son neveu Jean-Paul Bonfiglio. Cette famille va le garder pendant quelques générations. En 1777, à la suite d’une vente, le fief revient à Joseph-Vincent Lascaris-Vintimille, comte de Castellar, baron de Bouillon et des Ferres, ministre d’Etat à Turin, pour lequel il est érigé en marquisat. En 1867 La Roquette est séparé de son hameau de Saint-Martin (qui deviendra la commune de Saint-Martin-du-Var) et perdra, de ce fait 49 hectares de terrain.

roubion ROUBION : Primitivement, un camp retranché construit par les Ligures Ectini occupait le site. Il est réutilisé par les Romains qui en font un oppidum. Au XIe siècle, comme tout le comté de Tinée, ce territoire est inféodé à la famille des Rostaing, seigneurs de Thorame-Glandèves et descendants des seigneurs de Castellane. Le castrum de Robione est mentionnée plusieurs fois aux XIIe et XIIIe siècle, il est alors sous l’autorité des comtes de Provence. C’est de cette époque que datent les vestiges du château féodal et des remparts. E, 1325, Astruge et Andaron Grimaldi en font l’acquisition. En 1388, Roubion se rallie à la maison de Savoie. En 1581, la baronnie est érigée en comté en faveur d’Honoré II Grimaldi. En 1621, après l’exécution d’Annibal Grimaldi, le château féodal est démantelé. Le 22 mars de la même année, Roybion est inféodé à Stefano Badat, chevalier de l’ordre de Malte. Après sa mort, en 1622, il passe à son frère procureur, le comte Annibal Badat. En 1684, c’est un Vaissoti qui est investi, avec le titre comtal. Roubion a beaucoup souffert du passage des troupes lors des guerres qui on agité la région, au XVIIe et XVIIIe siècle. En 1792, le village, comme le reste du comté de Nice est envahit et occupé par les Français, fait partie du canton de Beuil, lui-même dépendant du district de Puget-Théniers. De 1814 à 1860, il réintègre les Etats sardes, et il est alors rattaché à Saint-Etienne-de-Tinée. A partir de l’annexion de 1860, Roubion est intégré au canton de Saint-Sauveur-sur-Tinée.

.

roure ROURE : La découverte d’un menhir en grès rose de 2,27 mètres en 1969, constitue le témoignage d’une présence humaine très ancienne sur le territoire de la commune. Le castrum de Rora est cité pour la première fois dans des documents de 1067. Il appartient tout d’abord aux Rostaing de Thorame-Glandèves. A partir du XIVe siècle, les Caïs en sont également coseigneurs. Vers la fin du XIVe siècle, Barnabé Grimaldi, alors baron de Beuil, convoite Roure. Il s’empare du fief et fait torturer puis assassiner son feudataire, Bertrand de Caïs. La reine Jeanne infligea au baron de Beuil et aux habitants de Roure qui l’avaient aidé, une amende de 2 000 florins d’or. En 1621, à la chute d’Annibal Grimaldi, le château sera raser et le village sera inféodé aux Badat. Et au XVIIIe siècle, sera érigé en comté en faveur des Albrione.

Posté par Nebla à 22:20 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,

COMMUNES : LETTRE S

st_andr_ SAINT-ANDRE : En 999, Odile et Miron, podestats de la ville de Nice, font donation à l’abbaye de Saint-Pons du quart d’un village dénommée La Rocca, avec les terres attenantes, en contrebas du castrum Revello. Au cours du XIe siècle, les trois quarts restants sont inféodés à un certain Willelmus de Rocca dont le nom apparait dans une donation faite en 1075 par Laugier Rostaing, en faveur du monastère de Saint-Pons. Le castrum de La Rocca est mentionné en 1108, il fait partie d’une liste de châteaux fort sur lesquels l’Eglise possède des droits. Bien qu’elle ait certainement été édifiée avant le castellum, la présence d’une église n’est confirmée qu’en 1156. Au XIIIe siècle, au cours des conflits opposant Nice et la Provence, de nombreuses forteresses sont détruites, dont celle de La Rocca. C’est à cette période que disparait la famille seigneuriale à qui appartenait ce fief, et que s’implantent les Chabaud, seigneurs de Tourrette-Levens depuis le XIIe siècle. En 1252, le castrum de La Rocca est mentionné comme détruit, seule l’église est mentionnée au milieu du XIVe siècle. En 1388, lors de la dédition de Nice à la Savoie, le castrum n’est d’ailleurs pas mentionné dans la liste des communes s’alliant et passant sous la protection de la Savoie. Un acte du 6 avril 1463 confirme qu’il s’agit d’un lieu inhabité. En 1555, alors que l’abbaye de Saint-Pons possède toujours un quart du territoire de La Roque, Jean Chabaud cède les trois quart restants, ainsi que Revello (Revel), à son gendre Melchior Micchelotti. En 1606, médecin du duc de Savoie, Pierre Thaon, seigneur de Lantosque, épouse l’héritière de la Roque et devient ainsi le seigneur du fief. C’est à cette époque que le château actuel, qui a été construit sur les soubassements de l’ancienne place forte, est mentionné pour la première fois. En 1685, Pierre-Antoine Thaon acquiert le lieu-dit Revel, situé à Tourrette. En 1687, Revel et Saint-André sont érigé en comté, en 1800, Charles-François Thaon de Revel est élevé à la qualité de marquis. En 1860, suite à l’annexion de Nice par la France, la famille Thaon de Revel, s’exile (comme beaucoup de niçois pendant cette période) en Italie.

-

st_antonin1 SAINT-ANTONIN : Les nombreux vestiges qui ont été retrouvés sur le site attestent qu’il fut occupé par les Celto-Ligures, les Romains (tuiles romaines, cimetière antique) et également des Sarrasins bien plus tard. Le castrum de Sanct Antolin fait partie des communautés d’habitants mentionnées, en 1296, dans l’enquête effectuée par le comte de Provence. Au XIVe siècle, le fief appartient aux Flotte, qui sont également les seigneurs de Cuébris. En 1471, le village est déclaré « lieu inhabité ». De 1772 et jusqu'à la révolution française, Saint-Antonin est inféodé aux Trinchieri, en coseigneurie avec les seigneurs de La Penne. En 1760, lors du 1er traité de Turin, Saint-Antonin fait partie des localités françaises cédées au Piémont-Sardaigne en intégrant le comté de Nice. A partir de cette date, l’histoire de Saint-Antonin se confondra avec celle du comté de Nice.

st_blaise1 SAINT-BLAISE : Domaine de l’abbaye de Saint-Pons, la Villa Sancti Blasii est mentionnée dès 1075. Au XIIe siècle, un bourg primitif s’est développé à l’emplacement de l’église actuelle. Au début du XIIIe siècle, l’abbé commendataire de Saint-Pons concède le fief à la famille Chabaud de Nice, et fait édifier un château fort sur une colline, en surplomb du village. Lorsque la concession prend fin, en 1262, les moines de Saint-Pons reprennent la gestion directe de leur domaine. C’est également à cette période que les limites territoriales sont fixées entre Sain-Blaise, Levens, Tourrette-Levens et Aspremont. Entre 1364 et 1461, date à laquelle il est déclaré lieu inhabité, Saint-Blaise n’est mentionné dans aucun texte. Il est probable qu’à la suite de guerres et d’épidémies, les habitants l’ont déserté. En 1607, Louis Grimaldi de Beuil, réussit à implanter une nouvelle population grâce à un acte d’habitation, avec le système de bail emphytéotique. Le territoire de Saint-Blaise fut découpé en quartons et concédé à des familles (une trentaine en 1688, puis une cinquantaine en 1750). Les emphytéotes défrichèrent, construisirent des restanques et plantèrent de la vigne, des oliviers et des arbres fruitiers (agrumes et figuiers). En 1777, l’abbé Antoine-François Rambaudi fonde une paroisse, mais la chapelle étant trop petite, elle est détruite en 1782 pour permettre la construction d’une église plus vaste. En 1793 Saint-Blaise devient une commune.

st_dalmas_le_selvage1 SAINT-DALMAS-LE-SELVAGE : Le territoire fut occupé par les Ligures puis les Romains. L’église est citée dès le XIe siècle. Des textes de 1246 mentionnent un prieuré relevant de l’abbaye bénédictine de Saint-Dalmas de Pedona, ainsi qu’un village crée par les Templiers. A partir de 1308 avec la dispersion des membres de cet ordre, Saint-Dalmas-le-Selvage va dépendre entièrement de Saint-Etienne-de-Tinée, et ce jusqu’en 1383. le village, construit au croisement des chemins de plusieurs vallées, étant également une étape importante sur la route de Nice à Embrun. Cette situation stratégique lui fit subir de nombreuses guerres et occupations. En 1700, le fief est érigé en comté en faveur d’Erige Emeric.

st_etienne1 SAINT-ETIENNE-DE-TINEE : Le comté de Tinée (Comitans Tenearum) apparaît pour la première fois dans une charte de 1066 qui mentionne également les villages de Lieudola (Isola), Sancti Stephani Tiniensis et Ecclesiam Beati Dalmatii. Il relève alors de l’évêché de Nice. Dans une charte de 1067, l’évêque rétrocède à Rostaing Rainard, grand feudataire de la haute Vésubie, de la haute Tinée et du Val de Blore, la moitié des dîmes provenant des églises et prieurés. A la mort de ce dernier vers 1100, c’est son fils Pierre qui reçoit l’investiture pour la haute Tinée. Au XIIIe siècle, le fief passe aux Faucon (issus des Glandèves et des Thorame). Un document daté de 1297 nous apprend qu’Aldebert de Faucon, coseigneur du fief, a été assassiné et que son meurtrier, Guillaume Galléan a été exécuté et ses possessions confisquées. Lors de l’affouage de 1315, 360 feux sont recensés (1 800 habitants environ). Au début du XIVe siècle, les frères Rostaing et Guillaume de Faucon, qui portent le titre de Seigneurs de Saint-Etienne, sont coseigneurs d’Isola, de la haute Tinée et de Saint-Dalmas. Leurs fils respectifs n’ayant pas de descendance, les fiefs échoient en partie à Andaron Grimaldi (vers 1338). 1388 Dédition à la Savoie. Les Balb, alliés des comtes de Provence, partent en exil et leurs biens sont confisqués. Le comte de Savoie Amédée VII s’engage à ne pas concéder Saint-Etienne en fief. Malgrès cela, en 1700, la localité est inféodée à Jean Chinea, pour lequel elle est érigée en comté. En effet, le duché de Savoie étant dans une situation financière catastrophique, Victor-Amédée II vend certain fiefs non inféodés, ne respectant pas ainsi les engagements de ses ancêtres. Les habitants protestèrent mais finirent par reconnaître au duc le droit d’inféodation. Le nouveau comte s’engagea à « ne se servir des fours, moulins, herbages, pâturages, terres gastes et bois que comme premier communier », ce qui réduisait au maximum ses droits et privilèges. Saint-Etienne-de-Tinée sera, comme le reste du Pays de Nice, envahit et occupé de 1792 à 1814 par les troupes révolutionnaire puis impériales française. Avant d’être restitué à la Sardaigne en 1815 et fut de nouveau annexée par la France en 1860.

st_jean_cap_ferrat1 SAINT-JEAN-CAP-FERRAT : En 1904, Saint-Jean-Cap-Ferrat obtient son détachement de Villefranche et devient une commune autonome de cette dernière. Jusqu’à cette date, son histoire s’est confondue avec celle de sa commune tutélaire. Comme l’attestent les nombreux vestiges retrouvés sur la presqu’île, elle fut habitée à une époque très ancienne. Les Ligures, les Grecs et les Romains s’y sont succédé. Au VIe siècle, alors que la région est occupé par les Lombards, Saint-Hospice y vit en ermite et prédit les incursions des Sarrasins. Lorsqu’il meurt en 580, son corps est inhumé au sommet de la colline sur laquelle est construit un oratoire, remplacé ultérieurement par la chapelle Saint-Hospice. Vers 780 les Sarrasins établissent un campement de base au Fraxinet, dans le massif des Maures, et un autre sur cette presqu’île boisée (au lieu-dit Saint-Hospice) ce qui permet de lancer des raids dévastateurs sur toute la région. Ils n’en seront chassés que vers 973 par Guillaume le Libérateur. La forêt qui recouvre le territoire est incendiée à cette époque. Construit en 1561 sur ordre du duc de Savoie Emmanuel-Philibert, le fort de Saint-Hospice est détruit en 1706 (comme le château de Nice) sur ordre de Louis XIV durant l’occupation du pays de Nice par la France. En 1827, un premier phare est édifié par les Sardes, il remplace une ancienne tour à feu. Saint-Jean reste un village de pêcheurs jusqu’à la fin du XIXe siècle, les premières villas furent construites dans les années 1900. Depuis lors, Saint-Jean-Cap-Ferrat est devenu l’un des sites les plus prestigieux du littoral du Pays de Nice.

st_l_ger1 SAINT-LEGER : Le castrum Sancti Laugerii est mentionné pour la première fois en 1262 comme appartenant aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui étaient implantés à La Croix, une de leurs principales commanderies. En 1338, il est cité comme faisant partie du bailliage de ladite commanderie, sous suzeraineté des comtes de Provences, en coseigneurie avec des seigneurs locaux ainsi qu’avec celui de Daluis. A cette époque, Saint-Léger contrôle une des principales voies de communication vers Daluis. La population paya un lourd tribut à la Grand Peste de 1348 et aux épidémies suivantes : le village comptait 49 foyers en 1313, seulement 15 en 1364. En 1471, il est déclaré lieu inhabité. Toutefois, l’ordre des Hospitaliers conserve ses prérogatives et la coseigneurie est maintenue. En 1585, les coseigneurs cèdent leurs droits au prévôt de Glandèves, puis à René de Castellane, seigneur de Daluis, jusqu’en 1670, date de la cession du fief aux Villeneuve. Lors du premier traité de Turin de 1760, Saint-Léger est cédé au royaume de Piémont-Sardaigne (comme Auvare, Cuébris, Daluis, La Croix, Guillaumes, La Penne, Puget-Rostang et Saint-Antonin). Le 7 mars 1783, les Villeneuve-Beauregard, après autorisation du roi de piémont-Sardaigne, vendent le fief au sénateur Antoine Gaétan Acchiardi, Quelques mois plus tard, ce dernier est investi du titre de comte par Victor-Amédée III. L’histoire de la commune se cofondera ensuite avec celle du Pays de Nice.

st_martin_d_entraune2 SAINT-MARTIN-D’ENTRAUNES : Le castrum Sancti Martini de Nogeretto est mentionné pour la première fois vers 1150. Son histoire se confond ensuite avec celle des trois autres villages du Val d'Entraunes car ils firent longtemps partie de la même seigneurie. Vers l'an mille, ces bourgades étaient inféodées à de grandes familles seigneuriales (les Glandèves, puis les Balb, Rostaing et Féraud de Thorame) sous la dépendance des comtes de Provence. Au XIIe siècle, les habitants se font accorder d'importantes franchises par leur suzerain et jouissent de véritables libertés administratives, comparables à celles de villes consulaires comme Grasse et Nice (voir Châteauneuf-d'Entraunes, Entraunes, Peille et Utelle). À cette époque, l'abbaye de Saint-Saturnin d'Apt disposait d'un prieuré à Saint-Martin. En 1388, le Val d'Entraunes traite avec le comte Amédée VII de Savoie lors de la décision. Les habitants obtiennent de Jean Grimaldi de Beuil, représentant officiel de la Savoie, que la charte garantissant leurs libertés ainsi que leurs droits et devoirs soit reconduite. Ils demandent également à être rattachés à la viguerie de Puget-Théniers. En effet, le Val d'Entraunes faisait partie de celle de Barcelonnette, or les voies de communication entre le haut Var et l'Ubaye étaient coupées six mois par an, en raison de l'enneigement. Saint-Martin et Entraunes n'obtiennent pas gain de cause contrairement à Villeneuve et Châteauneuf qui sont rattachés à Puget-Théniers. En 1616, Charles-Emmanuel Ier de Savoie cède ses droits sur diverses terres du comté de Nice dont le Val d'Entraunes, à Annibal Badat (le gouverneur de Villefranche). Les communautés rachètent leur indépendance contre 1.500 ducatons. Par lettre-patente du 4 juin 1621, le duc s'engage à ne plus les inféoder. Toutefois, en 1696, Victor-Amédée II, dans le but de renflouer les caisses de sort duché, réclame aux quatre communautés un rappel d'impôts impayés entre 1388 et 1645. Ne pouvant le payer, elles sont vendues : Châteauneuf à l'abbé Collet-Papachino, Entraunes au gentilhomme entraunois Louiquy, Saint-Martin à un Chenillat de Péone et Villeneuve à un certain Michel-Ange Codi, de Turin. L'ensemble des juridictions fut adjugé pour 8.000 livres. Après deux ans de négociations, lesdites communautés purent racheter leur liberté. En 1702, elles sont pratiquement libérées de leurs éphémères seigneurs et réinvesties du titre apprécié de «comtesse d'elle-même » . En 1718 (traité de Paris), Louis XV récupère Le Mas mais, en contrepartie, les villages d'Entraunes et de Saint-Martin sont détachés de la viguerie de Barcelonnette (devenue française en 1713, traité d'Utrecht), et sont maintenus dans le comté de Nice. En 1744, les Gallispans (troupes franco' espagnoles) incendient le bourg et détruisent le fort que Jean Grimaldi de Beuil avait fait construire en 1388. En 1778, le hameau de Saint-Martin demande à être détaché d'Entraunes et devient une commune indépendante,

st_martin_du_var1 SAINT-MARTIN DU VAR : Cet ancien hameau de La Roquette-sur-Var a partagé l'histoire de sa commune de tutelle jusqu'au 27 avril 1867, date de leur séparation. Au IXe siècle, quelques maisons et une petite église dédiée à saint Martin sont établies au bord du fleuve, en contrebas de La Roquette (subtus castrum qui nominant Rocheta). Au XIe siècle, il est fait mention d'une chapelle construite par les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. En 1028, un certain Gisbermus, de la famille des vicomtes de Nice, fait don aux moines de Saint-Pons de l'église Saint-Martin et des terres alentour. Cette donation est confirmée en 1075. Elle représente un des plus grands domaines administrés par cette abbaye. En général, peu d'habitats anciens étaient établis au bord du fleuve. L'existence de Saint-Martin à cet endroit est probablement due au fait qu'il est situé à la confluence du Var et de l'Estéron, là où étaient triées les coupes de bois provenant, par flottage, des hautes vallées. Il y avait également plusieurs moulins et scieries. C'est là que se trouvait le gué de Bon Port. En 1388, La Roquette-Saint-Martin, passe sous le protectorat conditionnel de la maison de Savoie. Les grands travaux entrepris par le roi de Piémont-Sardaigne pour endiguer le Var (1844-1849) et la construction) du pont Charles-Albert, désenclavèrent la vallée de l'Estéron. L'essor économique que cela entraîna fut encore accéléré avec l'ouverture de la ligne de chemin de fer, en 1892. En 1897, une briqueterie est construite.

st_martin_v_subie1 SAINT-MARTIN-VESUBIE : Le territoire fut habité par les Ligures avant d'être annexé par les Romains. Il subit également l'occupation des Sarrasins. Au XIe siècle, après l'expulsion de ces derniers, il est inféodé à des seigneurs locaux. Le prieuré de Saint-Martin a été fondé par l'abbaye bénédictine de Saint-Dalmas de Pedona (Borgo San Dalmazzo, Piémont). Quint au sanctuaire de la Madone de Fenestre, il a probablement été administré par les Templiers jusqu'en 1307, Epoque de leur arrestation. Le village, construit au XIIIe siècle, s'affranchit très vite de la tutelle des seigneurs féodaux et se place sous l'autorité directe des comtes de Provence. Sa situation stratégique en fait une importante place forte. En effet, il commandait le col de Fenestre qu'empruntaient les troupes du comte de Provence lorsqu'il lançait des expéditions contre le Piémont. En 1388, le village fait dédition à la Savoie. Toutefois, Saint-Martin restera toujours une ville libre administrée par des consuls, sauf en 1684, lorsque Jérôme-Marcel de Gubernatis, le président du sénat de Nice, obtint par surprise qu'elle lui soit inféodée. Cette éphémère inféodation fut révoquée la même année. Étape sur la route de Nice au Piémont, Saint-Martin-Vésubie devient très prospère et la construction, entre 1430 et 1434, de plusieurs ponts sur la Vésubie vont accélérer son développement économique. En janvier 1470, un terrible incendie détruit les deux tiers du village ainsi que les fabriques de draps et les entrepôts de laine (ces marchandises furent évaluées à 160.000 florins d'or). Situé à proximité d'une frontière, Saint-Martin subit toutes les guerres entre la Savoie et la France, et pendant la Révolution, Il fut durement touché par les réquisitions.

st_sauveur1 SAINT-SAUVEUR-SUR-TINEE : II est probable qu'un habitat primitif était regroupé autour du prieuré que les Bénédictins avaient fondé sur le site, un VIe siècle, et qu'ils avaient dédié au Christ (d'où l'origine du nom). Au début de l'an mille, Rostaing de Thorame, un descendant direct de la famille seigneuriale de Castellane, règne sur la haute Tinée. Il possède Puget-Rotang, Isola, Rimplas, Roquestéron, Roure, Saint-Sauveur, Saint-Étienne, Valdeblore, Villars. En 1009, il épouse une fille de la maison vicomtale de Nice. Toutefois, ce n'est qu'au XIIe siècle que l'habitat fortifié de Sancti Salvatoris est mentionné pour la première fois. Vers le milieu du XIIIe siècle, Raymond Rostaing est le seigneur du fief, lequel appartient ensuite aux Thorame-Glandèves. Lors de l'affouage de 1315, le village comptait 68 feux (environ 370 habitants). Entre 1351 et 1391, il est inféodé aux descendants des Rostaing, Pierre et Philippe Balb avant de revenir à la maison de Savoie. Saint-Sauveur appartient ensuite aux Badat. Le 30 mars 1444, le comte de Savoie concède aux habitants la liberté d'élire leur bayle : ils ont ainsi le droit de juridiction et peuvent s’administrer totalement. En 1452, ce sont les Raiberti qui sont investis du fief. Jusqu'en 1699, plusieurs autres notables niçois se succèdent à cette charge. Toutefois, en avril 1699, Victor-Amédée II demande à la communauté (comme à 17 autres villages) de payer des impôts qu'elle ne versait plus depuis près de trois siècles. Les habitants ne pouvant le faire, le duc supprime alors leurs libertés communales et les inféodent. En 1700 l'avocat niçois Jean-François Ghisi est investi du fief avec le titre de comte. Toutefois, cette inféodation est purement honorifique et ne modifie en rien la gestion de la commune. En 1793, Saint-Sauveur est annexé par les révolutionnaires français, mais en 1814, comme tout le comté de Nice, il redevient sarde. En 1860, le village est annexé par plébiscite truqué comme le reste du Pays de Nice, mais une partie de son territoire de montagne reste terres de chasse du roi d'Italie jusqu'en 1947. Grand centre pastoral et siège de foires importantes, le village a été pendant longtemps la capitale de la moyenne Tinée.

st_agnes1 SAINTE-AGNES : Les nombreux vestiges retrouvés à proximité des ruines du château attestent que le territoire était déjà occupé au néolithique. Il le fut sans interruption pendant toute la période de l'Antiquité jusqu'au Vile siècle de notre ère, et de nouveau à partir du Moyen Âge. Le castrum de Sancta Agneta est mentionné dans des documents écrits datant de 1170, c'était alors un fief du comte de Vintimille. En 1258, le comte Guillaume III de Vintimille cède ii la comtesse Béatrice, tutrice du comte de Provence Charles Ier d'Anjou, ses terres du Val de Lantosque et celles ayant appartenu à son père, dont les castra de Sainte-Agnès, Gorbio, Tende, La Brigue, Castellar et Castillon. En 1388, Sainte-Agnès, comme toute la région, traite avec la Maison de Savoie et passe sous son protectorat conditionnel. À partir de cette période, le fief est inféodé à de nombreuses familles seigneuriales des environs, en particulier aux Lascaris et aux Grimaldi. Au XVe siècle, les villageois abandonnent le site primitif et créent une nouvelle agglomération, à une cinquantaine de mètres en contrebas, son emplacement actuel. En 1676, Honoré Léotardi devient baron de Sainte-Agnès. Cette famille détenait également le titre de comte de Bouyon et de Pierlas, en coseigneurie avec les Caïs et les Pigna. En 1766, c'est en faveur des Auda qu'il est érigé en comté, et en 1784, les Cagnoli en sont les feudataires.

saorge1 SAORGE : Avant d'être annexée par les Romains, qui la rattachent au municipe d'Albintimilium (Vintimille), la région était habitée par la tribu ligure des Sorgontii. Lorsque commença la période des Grandes Invasions (Goths, Lombards et des razzias sarrasines, ces Ligures romanisés, qui vivaient sur la rive droite de la Roya, se réfugièrent sur ni site plus défensif de la rive gauche. À partir du Xe siècle, le castrum de Saurgio appartient aux comtes de Vintimille sous la suzeraineté du marquis de Turin, lui-même vassal de l'empereur du Saint Empire romain germanique. Les textes de 1092 mentionnent que les Saorgiens font donation à l'abbaye de Lérins de l'église de la Madrure dei Poggio. Dans la première moitié du XIe siècle, Ardoin de Suze, marquis de Turin, concède sin habitants de Tende, La Brigue et Saorge leurs premières libertés et franchises. Cette charte est signée par ses vassaux Conrad et Othon de Vintimille. Probablement à cause de la transhumance, ces privilèges sont garantis « jusqu’à la mer ». En 1233, lorsque les comtes de Vintimille font acte d'allégeance à la République de Gênes, les habitants de Saorge signent un pacte d'alliance avec ceux de Breil, La Brigue et Tende. En 1258, les comtes Georges et Boniface de Vintimille cèdent leurs droits sur Saorge et Breil au comte de Provence Charles Ier d'Anjou. Lors de la dédition de 1388, les villages traites avec le comte de Savoie et passe sous son protectorat. La position géographique du village, défendu par plusieurs châteaux forts, et dont les fortifications sont renforcées, en fit un avant-poste important pour la maison de Savoie car il verrouillait la vallée de la Roya. Situé sur la route du sel (l'antique Via Municipalis / Via Salaria) son importance stratégique va décroître lorsque le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie fait, en 1600, ouvrir le Grand Chemin ducal. En 1465, l'agglomération est détruite par un terrible incendie et en 1631, la population de la région est décimé par la peste. En 1700, le fief est inféodé aux Solaro, puis aux Roffredo (1710) en faveur desquels il est érigé en comté. En 1794, Après une longue résistance des milices et des barbets posté à l'intérieur de Saorge, le village tombera finalement entre les mains des révolutionnaires français. en 1814 Saorge réintegre Le Piémont-Sardaigne et sera ensuite annexé par la France en 1860 lors du plébiscite truqué. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les habitants furent évacués à Cannes (en juin 1940) et déportés à Turin en décembre 1944.

sauze1 SAUZE : Comme l'attestent de nombreux vestiges, le territoire fut habité par des peuplades néolithiques, puis par les ligures et les Romains (tombes néolithiques, tuiles et fragments d'inscriptions romaines). L'agglomération primitive et son château étaient situés à Sauze-le-Vieux. Ils sont mentionnés dans des documents datant du XIIIe siècle. À partir de la dédition de 1388, le village devient une enclave savoyarde entourant les terres de Guillaumes. En raison de sa situation de marche frontière, il va subir pendant plusieurs siècles les conflits entre la maison de Savoie et la France. Sauze formait deux fiefs, celui du bourg proprement dit et celui du Cartiere (Quartier), un important lieu de pacage qui correspond au hameau des Moulins. Ils sont très tôt partagés entre plusieurs feudataires dont les Daluis, Blacas, Rostaing, Faucon, ainsi que les Grimaldi de Beuil. En 1621, à la suite de l'exécution d'Annibal Grimaldi, le Cartiere est confisqué à cette famille. Toutefois, une partie de la seigneurie était restée aux Faucon (les descendants d'une branche des Glandèves), qui en étaient les coseigneurs depuis 1481. Ils en furent de nouveau investis officiellement le 23 juin 1622 et présidèrent aux destinées du village jusqu'en 1792, avec plusieurs autres coseigneurs. Quant au Cartiere, le 22 octobre 1623, il est inféodé au comte Paolo Camillo Cavalca. À partir de 1707, les derniers feudataires ont été les Scotto de Coni. En 1772, le fief est érigé en comté. Le bourg, primitivement hameau de Guillaumes, est érigé en commune au XVIIle siècle.

sigale1 SIGALE : Le territoire conserve de nombreux vestiges préhistoriques, en particulier du néolithique. Il est ensuite occupé par les ligures Velauni. Ces derniers sont soumis par les Romains qui fondent l'agglomération d'Alassia, actuel quartier d'Entrevignes. Au XIe siècle, le fief appartient à la famille seigneuriale de Glandèves. Le castrum de Cigala est également mentionné dans des documents de Lérins datant de 1144. En 1232, Anselme de Glandèves rend hommage au comte de Provence et, dès 1234, Sigale passe sous le gouvernement de Romée de Villeneuve. En 1388, la communauté de Sigale traite avec le comte Amédée VII et, comme le pays de Nice, elle va faire partie pendant cinq siècles des États de la maison de Savoie. En 1400, Amédée VIII donne le fief aux Grimaldi de Beuil, qui ne le conservent pas. En 1536, les Villeneuve-Vence abandonnent leurs droits sur Sigale. En 1651, le duc de Savoie Charles-Emmanuel II l'inféode à Jean-Baptiste Blancardi. En 1722, il est érigé en comté en faveur d'Octave Blancardi et en 1758 il passe aux Martini-Ballaira. Au cours du XVIIIe siècle, les Sigalois souffrirent de la peste (1731) et des pillages des Gallispans. En 1792 le village sera occupé par les armées révolutionnaires puis impériales française qui subira leur pillages. Le château et les murailles seront également détruits. Après 22 ans d’occupation française, Sigale comme le pays de Nice redevient sarde en 1814, et sera de nouveau annexée par la France lors du plébiscite truqué de 1860.

sospel1 SOSPEL : La région de Sospel possède de nombreux vestiges prouvant de façon irréfutable la présence de tribus néolithiques puis ligures (silex polis, haches de pierre, traces d'habitats dans des cavernes, sépultures sous tumulus, ossements humains et animaux, poteries, coquillages taillés). Elle est ensuite annexée par les Romains qui terminent la pacification des tribus ligures alpines en 14 avant notre ère. Ils installent à Sospel (Cespedellum / Hospitellum) un important poste militaire. Avec la paix romaine, le christianisme se répand dès la fin du Ier siècle. Au Ve siècle, la cité est devenue le siège de l'évêché. C'est alors que commence la longue période des invasions barbares (Wisigoths, Lombards). Quant aux incursions meurtrières et dévastatrices des Sarrasins sur les côtes provençales, elles deviennent de plus en plus fréquentes dès le VIlle siècle. À partir de leur camp de base de Saint-Hospice (presqu'île de Saint-Jean-Cap-Ferrat), ils s'emparent d'Èze, La Turbie, Monaco, Sainte-Agnès et Castillon. Sospel ne commence à être menacé qu'un siècle plus tard. Ces vagues successives d'envahisseurs vont ruiner l'œuvre des Romains. Les Sarrasins ne sont expulsés de la région qu'à la fin du Xe siècle. Avec la sécurité revenue, la ville connaît, dès le début du XIe siècle, une économie florissante. En 1095, in loco Cespedelli est mentionné dans le cartulaire de l'abbaye de Lérins. À cette époque, la petite cité appartient aux comtes de Vintimille, sous la souveraineté du marquis de Turin, lui-même vassal de l'empereur du Saint Empire romain germanique. Située dans un bassin entouré de hautes montagnes, à un carrefour routier qu'empruntent continuellement de longues caravanes de mulets, elle va rester longtemps une place importante. Au XIIe siècle, Sospel obtient ses premières libertés. Elle est alors administrée par des consuls. En 1258, tout en conservant son statut de commune libre, elle est inféodée aux comtes de Provence et devient le chef-lieu de viguerie du comté de Vintimille et du Val de Lantosque. En 1370, elle prend le parti du pape d'Avignon, et son église est élevée à la dignité de cathédrale (et ce, jusqu'en 1412). En 1388, Sospel traite avec les comtes de Savoie et passe sous son protectorat conditionnel et conserve ses libertés. Au Moyen Âge, la cité est devenue un centre économique et intellectuel important. Elle est une des plus grande ville du comté niveau culturel et la deuxième par sa population. En effet, elle est sur le trajet de la principales route du sel reliant Nice au Piémont et, de surcroit, elle accueille tout au long de l’année de nombreux marchés et foires. Elle possède de belles demeures et des rues commerçantes. Ses vieux quartiers témoignent encore aujourd'hui des splendeurs de cette période. Au début du XVIIe siècle, l'ancienne route du sel, un étroit chemin qu'empruntaient les caravanes de mulets pour le transport du sel et autres denrées vers le Piémont, est remplacé par le Grand Chemin ducal qui, via Sospel et Tende, devient l'itinéraire principal entre Nice et Turin. À partir de 1702, l'Académie des Occupés littéraires attire de nombreux historiens, poètes et chroniqueurs, la cité est alors à son apogée. Son déclin ne commence vraiment qu'en 1794, lorsqu'elle est dévastée par les troupes révolutionnaires françaises et qu'elle devient une simple commune des Alpes-Maritimes. De surcroît, la fréquentation de la Route royale reliant Nice (qui était le seul port du Piémont) à Turin, diminue fortement car elle n'est plus utilisée que pour le commerce local. Sospel, comme tout le comté de Nice, réintègre le royaume de Piémont-Sardaigne en 1814, mais ne retrouva jamais sa prospérité passée. En 1860, elle est de nouveau annexé par la France. Malgré l'ouverture de la ligne de chemin de fer Nice-Coni (Cuneo) en 1928, et une bonne activité agricole et pastorale, l'exode rural amorcé à la fin du XIXe siècle s'accentue après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, agriculture et élevage ont pratiquement disparu, mais grâce à son riche patrimoine artistique et à son site, la ville est devenue un important centre touristique et de loisirs. Au cours des siècles, Sospel a subi de nombreuses guerres et calamités : des épidémies de peste en 1348, 1371, 1374, 1527-1528, 1620, 1632, des inondations en 1331, 1345 et 1346. À chaque nouveau fléau, les Sospellois construisaient une chapelle ou un oratoire.

Posté par Nebla à 18:39 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,

COMMUNES : LETTRE T

tende TENDE : La région fut habitée au chalcolithique et à l'âge du bronze ancien par des tribus agro-pastorales. Leurs probables descendants, les Ligures, occupent ensuite les lieux. Lorsque les Romains soumettent ces peuplades alpines (les Oratelli, les Eguituri, les Rotubiens....), ils installent sur le site un camp militaire (d'où l'origine du nom : tente, campement). Les Sarrasins envahissent Tende vers 902, et ils en sont expulsés à la fin du Xe siècle (vers 973-974). Un des plus anciens documents connus sur le comté de Vintimille date de 996, lorsque le seigneur Conrad Ier de Vintimille est investi officiellement des fiefs de Tende, Breil, Saorge et La Brigue. À l'époque, ce petit comté, qui va être pendant quelques siècles un État tampon entre la Savoie et la Provence, s'étendait de San Remo jusqu'à Monaco et Vintimille, situé à l'embouchure de la Roya, jusqu'au col de Tende. Il comprenait également Peille, Lucéram, ainsi que les vallées de la Bévéra, de la haute Vésubie et de la haute Tinée. La première mention de Tende date du XIe siècle, lorsque le marquis de Turin, Ardoin de Suze, accorde certaines libertés aux habitants de Tende, La Brigue et Saorge. Cette charte est contresignée (probablement un peu avant 1041) par Conrad et Othon de Vintimille, vassaux d'Ardoin. Le déclin des comtes de Vintimille va commencer avec l'expansionnisme de la République de Gênes. En 1140, les Génois prennent Vintimille. Le comte Obert Ier est contraint de leur prêter l'hommage vassalique pour ses châteaux de Poipin, Rocambrunam et Golbi (Puypin / Menton, Roquebrune et Gorbio). Le 30 août 1157, son fils Guido Guerra rend lui aussi l'hommage féodal pour ces fiefs et ceux de Tendant, Brehl, Sauricium, La Brigam (Tende, Breil, Saorge, La Brigue). À partir de 1162, les villages de Tende et de La Brigue s'opposent sur leurs limites territoriales. Ce procès dura longtemps car un arbitrage définitif, en faveur des Brigasques, ne fut rendu qu’en 1282. En 1219, les Vintimille renouvellent leur serment de fidélité aux Gênois, mais les populations refusent la suzeraineté du consulat de Gênes, et les habitants de Breil, Saorge, La Brigue et Tende concluent entre eux un pacte d’alliance. En 1257, le comte Guillaume III de Vintimille, dit Guillaumin, cède ses terres à Charles Ier de Provence. Le 28 mars 1258, les neveux de Guillaumin, Georges et Boniface, cèdent aux Provençaux les droits qu'ils possèdent sur Sospel, Breil, Saorge, Castillon, Monaco, Roquebrune. Toutefois, les frères de Guillaumin, Pierre-Balbe et Guillaume-Pierre, n'acceptent pas ces cessions. Ils s'imposent aux Tendasques, Breillois, Saorgiens et Brigasques, et entrent en rébellion contre le comte de Provence. Ils sont les fondateurs du comté de Tende qui va leur appartenir jusqu'à la fin du XVIe siècle. En 1261, Pierre-Guillaume de Vintimille, seigneur de Tende, épouse Eudoxie, fille de l'empereur grec de Nicée, Théodore II Lascaris. Leur fils Jean prend le nom de Lascaris de Vintimille. Deux branches vont se former : les comtes Lascaris-Vintimille de Tende et ceux de La Brigue. En 1388, les premiers refusent de prêter hommage au comte de Savoie. Toutefois, en 1581, leurs descendants vendent leurs droits à Emmanuel-Philibert, ce qui permet à la Savoie de contrôler enfin la route du col de Tende. Quant aux seigneurs Lascaris-Vintimille de La Brigue, ils se rallient à la Savoie en 1406. Pendant les règnes de Charles-Emmanuel Ier et de Victor-Amédée Ier, la route du col de Tende est améliorée et prend le nom de Grand Chemin ducal. À partir de 1780, le roi de Piémont-Sardaigne Victor-Amédée III, fait entreprendre de gros travaux pour la rendre entièrement carrossable. Elle devient Route royale. La région est envahie par les troupes françaises entre 1691 et 1697, et de nouveau pendant la Révolution. En 1814, elle redevient sarde. En 1860, lors de l’annexion la commune de Tende (comme celle de La Brigue), va rester sarde puis devenir italienne, et ce jusqu'au traité de Paris du 10 février 1947 (traité de paix signé entre les quatre Grands et l'Italie). La frontière actuelle se situe en contrebas de la ligne de crêtes et de partage des eaux entre les deux pays, elle longe la piste dite stratégique qui se trouve en France.

thiery THIERY : Les quelques vestiges retrouvés sur le territoire (tegulae, dolia, restes d'habitats), témoignent de son occupation à l'époque romaine. La première mention du castrum de Terio date de 1064, lors d'une donation faite à la cathédrale Sainte-Marie de Nice. À la fin du XIIIe siècle, le fief appartient à Guillaume Rostaing. Ce seigneur despotique est assassiné par les habitants du village. En 1315, sa fille et unique héritière, Astruge, épouse Andaron Grimaldi (oncle de Rainier Ier Grimaldi de Monaco). C'est ainsi que fut créée la lignée des Grimaldi de Beuil. Lors de l'affouage de 1315, le bourg comptait 47 feux (environ 250 habitants). Après la chute d'Annibal Grimaldi, an 1621, Thiéry, Touët-de-Beuil et Lieuche sont concédés à Filiberto della Villana. Thiéry passe ensuite aux Clarciil, pour lesquels il est érigé en comté. Cette famille conserva le fief jusqu'à la Révolution.

toudon TOUDON : De nombreux vestiges témoignent de la présence de peuplades néolithiques, puis de leurs probables descendants les Ligures Beretini . Les nombreuses restanques (terrasses de culture) élaborées par ces derniers continuer à être cultivées par les Gallo-Romains. Pendant la pax romana, les premiers habitats dispersés sont construit à proximité des zones de culture et de pacage. En 1032, le village de Tudomno, dans le comté de Glandèves, est mentionné dans des documents écrits de l'abbaye de Lérins. Au XIe siècle, les seigneurs du castrum de Todon les Glandèves, prêtent l'hommage vassalique aux comtes de Provence. En 1232, Toudon est inféodé à Jean Glandèves et, à la même époque, les Templiers de la commanderie de Biot sont présents dans la région car il possèdent des terres. En 1252, Raibaud de Scros (Ascros) s'empare du fief, mais Rostaing de Toudon le récupère grâce à l'aide du seigneur de Gilette. Par héritage et par vente, Toudon est partagé entre plusieurs coseigneurs dont les Chabaud, les Laugier des Ferres et les Grasse. Au XVe siècle, il fait partie des biens de la famille Grasse du Mas. Au début du XVIe siècle, Louis de Grasse vend cette possession à Honoré Ier Grimaldi. En 1537 le fils de ce dernier, Jean-Baptiste, seigneur d'Ascros, en est investi par le duc de Savoie. Toudon reste une possession des Grimaldi de Beuil jusqu'en 1621. Après l'exécution d'Annibal Grimaldi, ce sont les Galléan qui reçoivent Toudon, Tourette-Revest et Ascros. À la mort de Jean-Baptiste Galléan, les fiefs passent aux Caissotti de Roubion qui les conserveront jusqu'en 1794. Lors des conflits entre les révolutionnaires français et les Austro-Sardes, le village est dévasté et pillé. Il est annexé par les Français jusqu'en 1814, puis il redevint sarde jusqu'en 1860. Toudon fut partiellement détruit par plusieurs tremblements de terre : en 1564, 1619 et 1644. Ce dernier séisme provoqua la mort de 36 habitants alors que la commune en comptait 200.

touet_de_l_escar_ne TOUET DE L’ESCARENE : Les premières mentions du site (Toeti, Toet, Tohet) datent du XIIe siècle. Ensuite, le castrum est cité en 1252, dans l'enquête commandée par le comte de Provence Charles Ier. Un acte du 6 mars 1271 fait état du partage de la seigneurie en trois parts égales, entre Bertrand de Châteauneuf, Raybaud de Berre et Pons Caïs, ainsi que du serment prêté par ces trois coseigneurs. La part des Caïs fut confisquée en 1388. Il y eut ensuite plusieurs coseigneurs qui se succédèrent jusqu'à la Révolution. Les derniers feudataires sont les Caravadossi puis l'avocat niçois Raphaël Miloni qui rachète Touët en 1786 et pour lequel ce territoire est érigé en baronnie. Situé au pied de la montagne, Touët servait d'étape et de relais muletier pour les caravanes qui empruntaient cette route du sel qui passait par le col de Braus. En 1928, la commune est rattachée à la ligne ferroviaire reliant Nice à Cuneo. Le village est le lieu de naissance de l’érudit et patriote niçois Henri Sappia

touet_sur_var TOUET-SUR-VAR : Les nombreux vestiges retrouvés sur le territoire témoignent de la présence des Ligures (tribu des Eguituri), puis des Romains (sarcophages, traces d'un village). l’agglomération fortifié (le Toeti est citée pour la première fois en 1108, dans le cartulaire de la cathédrale Sainte-Marie de Nice. l In acte daté du 17 septembre 1293 nous apprend que Sibille cède son château de Touët au seigneur (le Beuil, Guillaume Rostaing, sous la suzeraineté des comtes de Provence. Quant aux Templiers de la commanderie de Rigaud, tourte proche, ils possédaient de nombreux biens aux alentours. Depuis 1176, ils pratiquaient l'élevage à Touêt. À partir de 1388, le fief, qui a pour seigneurs les Grimaldi de Beuil, passe sous le protectorat de la Maison de Savoie. En 1621, après l'exécution d'Annibal Grimaldi, ses châteaux sont rasés et ses biens dispersés. Le 24 mars de la même année, Touët est inféodé au baron Filiberto della Villana, puis il échoit aux Claretti en 1634. En janvier 1793, les troupes révolutionnaires investissent le village l’occupant jusqu'en 1814 (retour au Piémont-Sardaigne) durant cette occupation les barbets s’illustreront par leur résistance face l’envahisseur, et l'un d'entre eux, Martinet de Touët, est capturé et exécuté.

tour__la_ LA TOUR : (La Tour-sur-Tinée) La région fut occupée par plusieurs tribus ligures, les Eguituri, les Nemeturi et les Aratelli. Ces derniers y avaient édifié une tour, d'où l'appellation du village. Pendant la paix romaine, le bourg fut une étape obligée sur l'axe routier romain qui menait de Nice à Embrun. Au XIIe siècle, La Torre était encore un hameau d'Utelle et faisait partie du comté de Vintimille-Val de Lantosque. Vers la moitié du XIIIe siècle, le comte de Provence lui donne son indépendance en le détachant de sa commune de tutelle. En 1388, La Torre passe sous la domination du comté de Savoie. Elle est alors., inféodée aux Grimaldi de Beuil qui vont la conserver jusqu'en 1621 (exécution d'Annibal). En 1700, le fief est racheté par le comte Della Chiesa pour lequel il est érigé en comté. Sel descendants le gardèrent jusqu'à la Révolution. Quant à la communauté médiévale de Saint-Jean-d'Alloeh, mentionnée dans des documents écrits de 1251, elle est abandonnée après l'épidémie de peste de 1467 qui décima presque tous ses habitants. Toutefois, jusqu'à la fin du XIXe siècle, pour les curés de La Tour, la cérémonie d'investiture de leur paroisse s'est déroulée dans l'église du village primitif, la chapelle Saint-Jean. En 1754, la commune comptait 1.300 habitants. En 1860, lors de son annexion par la France, il yen avait encore 910 (elle était alors la plus peuplée du canton). À l'époque romaine, le village devait sa prospérité à sa situation, sur le trajet d'une importante voie de communication, mais aussi à ses cultures oléicoles et à ses forêts. Au début du XXe siècle, il comptait 30.000 oliviers. Actuellement, malgré une très forte diminution de cette culture, La Tour reste la principale commune oléicole de la Tinée.

tourette_du_chateau TOURETTE-DU-CHATEAU : La présence de l'homme date du néolithique et les nombreux vestiges retrouvés sur le territoire attestent qu’il fut ensuite occupé par les ligures (habitats, nombreuses restanques sur les pentes sud du mont Vial) puis par les Romains. Les premières mentions des villages de Tourrette et de Revest datent du XIe siècle, lorsque des Tourrettants fondent l’agglomération de Revest, à 2 km en aval. Vers 1200, le castrum de Torretta est mentionné comme fief des Glandèves, sous la suzeraineté des comtes de Provence. À cette époque, les Templiers de la commanderie de Biot y possédaient également des biens. En 1271, Tourette-Revest est partagé entre plusieurs coseigneurs appartenant à des familles de vieille noblesse niçoise ou provençale : l'amiral niçois Guillaume Olivari, les Laugeri, les Guigonis. Au XIVe siècle, ce village ainsi que ceux de Toudon et d'Ascros sont toujours inféodés conjointement à plusieurs familles seigneuriales : les Ranulfi (en 1338) ainsi que les Berre, qui sont également coseigneurs d'Ascros. En 1352, Tourette-Revest passe à Pierre Balb, seigneur de Valdeblore, mais en 1381, la reine Jeanne le donne au chanoine Guillaume Chabaud, « pour services rendus en Calabre contre les rebelles, avec terroirs, lieux fortifiés, droit de glaive, juridiction à Tourette et à Toudon ». Lors de la dédition de 1388, alors que disparaissent les vieilles familles seigneuriales fidèles aux comtes de Provence, Amédée VII de Savoie confirme les Grimaldi de Beuil dans leurs possessions, « pour prix de leurs services ». Le 12 février 1446, Barnabé Grimaldi reçoit l'investiture pour les fiefs de Levens et Tourette-Revest. Lorsque, le 3 mai, il reçoit l'hommage vassalique, il confirme leurs privilèges aux habitants. Son frère Louis, qui entre en possession de Levens et de Tourette-Revest en 1473, est à l'origine de la branche des Grimaldi de Levens. Son fils Jean Ier (1543-1603), seigneur de Tourette-Revest, Levens et Rimplas, fut banni pour rébellion ainsi que ses cousins de Beuil. Il perdit la Haute-Juridiction et dut verser 4.000 écus pour rentrer en possession de ses biens. Le petit-fils de Louis, Jean II, et son cousin Jean-Baptiste, seigneur d'Ascros, en rebellion contre les ducs de Savoie, se mettent au service de la France et terrorisent la région. En 1550, à la suite d'un retournement d'alliances entre ces deux pays, Jean II est banni. Toutefois, en 1557, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert lui rend ses fiefs pour le remercier de son action en Flandre. En 1611, le fils de Jean II, César, vend Tourette-Revest à son cousin Annibal Grimaldi. Tourette va être fatal à ce dernier, car c'est dans ce château qu'il est exécuté, le 9 janvier 1621. La seigneurie échoit alors aux Galléan avant de passer par héritage, en 1752, aux Caissotti de Roubion qui conservèrent le fief jusqu'à la Révolution. Ils eurent pour obligation de reprendre le nom et les armes des Galléan. Pendant les guerres qui se succèdent, aux XVIe, XVIle et XVIIIe siècles, Tourette-Revest fut occupé, dévasté et pillé de multiples fois. En 1793, le village est occupé par les français, mais après la chute de l'Empire, il redevient sarde jusqu'à l’annexion de 1860. En 1871, à la suite de querelles incessantes et anciennes, les deux communes se séparent. Tourette doit céder 861 hectares de territoire à Revest-de-l'Estéron, la future Revest-les-Roches.

tournefort TOURNEFORT : Le site est investi par les Romains qui y établissent un poste fortifié. Ultérieurement, cet oppidum devient un castrum. C'est au Xlle siècle, dans le cartulaire de la cathédrale de Nice, que Tornafort est cité pour la première fois. En 1176, les Templiers y possèdent des terres, sur lesquelles ils établissent une commanderie et un hospice. Lors de l'affouage de 1315, 34 feux sont recensés (environ 180 habitants). En 1388, lors de la dédition, la seigneurie, qui était primitivement une possession de la famille Tournefort, passe aux Grimaldi de Beuil. En 1622, après la mort d'Annibal Grimaldi, Tournefort est inféodé aux Caissotti puis, en 1723, aux Bruno de Coni (Cuneo), pour lesquels il est érigé en comté. En 1887, un tremblement de terre détruit partiellement le village primitif du Vieux Tournefort, où s'étaient établis les Templiers. Vers 1937-1938, les habitants finissent par abandonner le site pour s'installer à La Colle.

tourette_levens TOURETTE-LEVENS : Les vestiges retrouvés sur ce territoire témoignent d'une présence humaine dès le paléolithique. Il est ensuite    occupé par les Ligures Védiantiens puis par les Romains. En 999, Odile et son époux Miron, vicomtes de Nice, font donation à l'abbaye de Saint-Pons du quart d'un village dénommé La Rocca, avec les terres attenantes, en contrebas du castrum Revello (Revel étant situé au sud de Torrettas). A partir du XIle siècle, le fief de Tourrette appartient aux Chabaud, de puissants seigneur locaux qui possèdent également une grande partie de Châteuneuf. La citadelle, qui comprenait à l’origine six tours, est construite en 1176 par Raimond Chabaud, à un emplacement d'une grande importance stratégique car il surplombe une ancienne voie romaine devenue une route du sel. Au cours des siècles, le fief est périodiquement partagé entre plusieurs coseigneurs, dont les Flayosc et les Berre, mais au XVIle siècle, les Chahaud en sont les seuls feudataires. En 1671, Honoré Chabaud meurt sans descendance directe, Tourrette échoit à sa nièce Marie-Anne Peyrani, mariée au Piémontais François Marie Canubio. En août 1685, les nouveaux propriétaires vendent à Pierre-Antoine Thaon le lieu-dit Revel situé à Tourrette. Cet acquéreur possédait déjà Saint-André. Quant au château de Tourrette, il a été érigé en comté par le duc de Savoie et il va rester une possession de la famille Cambio jusqu'à son rachat, en 1828, par Gio Antonio Cartes, le notaire de la commune. À partir de 1840, les Tourrettans abandonnent le village primitif pour s'installer à proximité des terres cultivables. En 1907-1908, la Compagnie des tramways de Nice et du littoral fait construire un viaduc. Avec le succès de l'automobile, cette ligne est fermée en 1931.

trinit___la_ LA TRINITE : Des vestiges d'habitats et de castellaras retrouvés sur le plateau du Tercier attestent que le site fut occupé par des tribus ligures Védiantiens puis par les Romains. Le territoire de La Trinité, situé à un carrefour routier, était un lieu de passage facile et presque incontournable. La Via Julia Augusta, entre La Turbie et Cimiez, longeait la rive gauche du vallon de Laghet et rejoignait le Paillon au lieu dit Roma. Au Moyen Âge, il existait plusieurs hameaux dispersés qui dépendaient d'Èze, en particulier ceux de l'Ariane et Laghet. Dans une charte de 1045, l'abbaye Saint-Victor de Marseille mentionne une donation faite par Raimbald, coseigneur de Nice et de Vence, concernant Laghet et les terres alentour. Toutefois, un siècle plus tard, ce hameau a disparu, sauf une chapelle et ses dépendances qui sont rattachées à la seigneurie d'Èze. En 1652, un prêtre ézasque, Jacques Fighiera, fait restaurer la chapelle à ses frais et rouvrir le sentier menant à Èze. À la suite de plusieurs miracles, ce lieu de culte est encore restauré et agrandi. Depuis, Notre-Dame-de-Laghet est devenu un important centre de pèlerinage. Quant au bourg de l'Ariane, grâce à sa situation sur la route du sel reliant Nice à Tende, que les ducs de Savoie font améliorer à partir de 1592, il se développe rapidement. En 1617, afin de ne plus être obligés de se rendre à Drap ou à Èze pour assister aux offices religieux, les habitants construisent la chapelle de la Sainte-Trinité. En 1726, la dénomination « La Trinité » remplace définitivement celle de « L'Ariane ». Vers 1778, près de 16.800 mulets empruntent annuellement cette route du sel. Malheureusement, cet itinéraire est également celui des armées et de nombreux passages de troupes d’invasion ont lieu au cours des XVIe , XVIIe et XVIIIe siècles. Elles pillent, dévastent et exigent des contributions qui ruinent la population. Le 30 janviers 1818, après détachement de terres appartenant à Eze et à Drap, ce hameau est érigé en commune indépendante par le roi Victor-Emmanuel Ier, et portera le nom de Trinité-Victor (d’où l’accolement du Victor, en l’honneur du roi Victor-Emmanuel Ier). La commune gardera le nom de La Trinité-Victor jusque dans les années 1970, avant d’être renommé La Trinité. Le 4 mai 1869, une convention règle les limites territoriales définitives entre les 3 communes. Le pont de L'Ariane est construit en 1893. Elle doit son développement démographique à sa situation limitrophe de Nice.

turbie__la_ LA TURBIE : Comme l'attestent les nombreux vestiges de castellaras retrouvés sur les sommets alentour, le territoire fut occupé par des tribus celto-ligures. En 13 avant notre ère, les Romains construisent la Via Julia Augusta, le plus souvent sur le tracé de l'antique Voie héracléenne, qui elle-même avait repris les premières pistes ligures. Des chemins de traverse permettaient de descendre vers les différents ports : Portes Herculis Monceci (Monaco), Portus Avisio (anse de Saint-Laurent d'Èze), Anao (Beaulieu) et Olivula (rade de Villefranche). Vers 6 - 7 avant notre ère, le sénat romain, pour commémorer les victoires d'Auguste et glorifier la puissance militaire de Rome, fait ériger un trophée à un point stratégique, sur cette Via Julia qui reliait Rome à Aix et Arles (où elle rejoignait la Via Domitia qui menait en Espagne). Sur l'Itinéraire d'Antonin, ce point, qui est désigné sous le terme Alpe Summa, marque la frontière entre la Gaule et l'Italie (plus tard repousser au fleuve Var). Pendant les siècles obscurs, avec le passage des hordes barbares et les raids des Sarrazins, le Trophée d'Auguste commence à être saccagé. Au XIe siècle, le cartulaire de la cathédrale de Nice mentionne une communauté villageoise autonome, regroupée autour de son église, à proximité du monument mutilé, mais dont les terres s'étendent jusqu'au port de Monaco. À cette époque, Puypin (Menton) et Roquebrune relevaient du diocèse de Vintimille, La Turbie, de celui de Nice. Des documents ultérieurs (XIIe et XIlle siècles) citent Castro de Torbia, Turbia, Turris Vae (la tour sur la voie). Primitivement, le consulat de Peille avait juridiction sur La Turbie, mais la communauté se détache de sa ville de tutelle à la fin du XIIe siècle. Elle est inféodée à plusieurs coseigneurs. Des documents écrits datés de 1151 indiquent que la majeure partie du territoire appartient à la famille Féraud d'Èze et que Bertrand de Berre y possède des vignes. En 1191, l'empereur du Saint Empire romain germanique concède aux Génois la propriété du Rocher et du port de Monaco (leur domination est confirmée en 1215, date à laquelle ils édifient un château sur le Rocher). Au cours des XIIe et XIIIe siècles, les terres de La Turbie et ses hameaux (Beausoleil, Cap d'Ail) vont être, au gré des conflits entre Guelfes et Gibelins, possessions des Grimaldi de Monaco et des Spinola de Gênes. Jusqu'en 1760, il y aura des luttes permanentes entre les Turbiasques et les habitants de Monaco pour la possession du territoire. Entre 1125 et 1325, la tour qui compose le Trophée est transformée en forteresse (castro de Torbia). En 1246, Rostaing et Féraud d'Èze sont coseigneurs de La Turbie. En 1300, la moitié de la seigneurie est passée aux Laugier de Nice, qui la cèdent à Daniel Marquesan en 1329. Les terres en question lui procurant des revenus trop modestes, en 1331, Daniel Marquesan les vend au comte de Provence Robert le Sage qui les rattache directement au domaine comtal. Pour ce dernier, le site de La Turbie, qui surplombe le château fort de Monaco, est d'une grande importance stratégique. À partir de 1332, le fief dépend administrativement de la viguerie de Nice et le suzerain provençal favorise la création d'une Universitas dirigée par les chefs de famille de la communauté. A partir de la dédition de 1388, et jusqu'en 1860, à part de courtes interruptions, La Turbie et ses hameaux vont dépendre des États de la maison de Savoie. La forteresse fut une de leurs places fortes. En décembre 1506, lorsque les Génois assiègent Monaco, les troupes françaises, qui soutiennent Lucien Grimaldi de Monaco, investissent la forteresse de La Turbie. En mars 1507, après avoir pris Menton incendié et incendié Roquebrune, les Génois prennent d'assaut ladite forteresse. À partir de cette date, elle est mentionnée comme étant ruinée. De 1652 Jusqu'à la Révolution, la seigneurie est érigée en baronnie pour la famille Blancardi. En avril 1691, avec l'aide des Monégasques, Catinat s'empare de La Turbie. Vauban ne tarde pas à venir inspecter les lieux. De 1705 jusqu'au traité d'Utrecht (1713), La Turbie, dont la forteresse a été partiellement démantelée, passe sous l'autorité du prince Antoine Ier de Monaco (bien qu'ils aient refusé de prêter l'hommage, les Blancardi restèrent propriétaires du fief). En novembre 1760, un traité avec Monaco délimite une frontière commune. Il met fin aux vieilles et incessantes querelles entre les Turbiasques et les Monégasques portant sur la propriété des terres. De par sa position frontalière, La Turbie fut également un important centre de contrebande (sel et autres monopoles d'État). À partir de l’annexion par la France, la ville devient une station climatique très prisée des hivernants (construction du chemin de fer à crémaillère venant de Monaco) De plus, elle conserve son rôle stratégique grâce aux forts de La Revère et du mont Agel. Au début du XXe siècle, les communes de Beausoleil (1904) et de Cap-d'Ail (1908) sont créées par détachement du territoire de La Turbie. Après la Seconde Guerre mondiale, son développement touristique s'accélère. Ce vaste territoire, qui descendait jusqu'à la mer, bénéficiait de ressources agricoles très variées : des céréales sur les pentes du mont Agel, alors que les terroirs du littoral étaient couverts de figuiers, d'agrumes et d'oliviers.

Posté par Nebla à 18:07 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,

COMMUNES : LETTRE U

utelle UTELLE : La région fut habitée par plusieurs tribus ligures dont les Oratelli, avant d'être soumise et annexée par les Romains. La communauté d'habitants d'Utelle et son castrum sont mentionnés pour la première fois en 1150. À cette époque, elle est constituée en universitas administrée par une assemblée de chefs de familles. Elle forme également une Confédération républicaine avec Peille et Lucéram. L'existence de plusieurs autres agglomérations fortifiées alentour est attestée (Manoïnas, Brechet) mais vers 1240, elles sont détruites par Romée de Villeneuve. En 1352, la reine Jeanne concède le fief au seigneur Antoine Grimaldi de Monaco, mais devant la résistance des Utellois, elle renonce à les inféoder. En 1365, ils sont confirmés dans leurs droits et appartiennent au domaine direct de leur suzeraine. En 1361, le droit de cavalcade leur est également confirmé. Lors de la dédition de 1388, la communauté traite avec Amédée VII et passe sous son protectorat en conservant ses privilèges. Avec le passage de la route du sel, le village s'agrandit, un hôpital est construit. Toutefois, en 1699, Victor-Amédée II de Savoie décide de vendre des fiefs non inféodés. En 1700, Utelle est inféodé aux Galléan pour lesquels il est érigé en comté, puis il passe aux Bottero en 1757. Le tremblement de terre de 1887 fit des dégâts considérables dans la région, en particulier au Cros d'Utelle. Après la Seconde Guerre mondiale, l'exode rural s'accentue et la création de la route nationale, au fond de la vallée, isole un peu plus ce village perché. Les activités traditionnelles, essentiellement liées au pastoralisme et à l'agriculture (oliviers, lavande, légumineuses) diminuent fortement. Actuellement, l'élevage et l'exploitation forestière représentent les principales ressources des Utellois.

Posté par Nebla à 17:59 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,

COMMUNES : LETTRE V

Voici la dernière lettre, les communes de la lettre V

valdeblore1  VALDEBLORE : De nombreux vestiges (cippes funéraires du Ier siècle, pièces de monnaie) attestent la présence des Romains. Lors du recensement des paroisses du diocèse de Nice, en 1067, celle du Valdeblore comportait quatre hameaux: Saint Dalmas, La Bolline, La Roche et Mollières. Le plus ancien des quatre est celui de Saint-Dalmas, où un prieuré est fondé, bien avant l'an mille, par les moines de l'abbaye bénédictine de Saint-Dalmas de Pedona (Borgo San Dalmazzo, près de Cuneo, dans le Piémont). L'église de Saint-Dalmas, dédiée à L'invention-de-la-SainteCroix, est bâtie sur les fondations du prieuré primitif. À l'origine, le fief appartient aux Rostaing de Thorame, en coseigneurie avec les prieurs du monastère cloîtré de Saint-Dalmas-Valdeblore. En 1352, Pierre Balb, dernier descendant des Thorame, en est le feudataire. En 1381, à la suite de sa rébellion contre la reine Jeanne, la plupart de ses biens sont confisqués et donnés à Jean Grimaldi de Beuil. En 1388, Valdblore passe sous le protectorat conditionnel de la  Savoie lors de la dédition. En 1656, à la suite de désaccords, les villages de Saint-Dalmas, La Roche et La Bolline s'étaient séparés. Une douzaine d'années plus tard, les trois communautés d'habitants renoncent à cet acte de division. Les chefs de famille signent une convention et demandent la réunion des biens, revenus et dettes. C'est ainsi qu'est créée, le 10 juillet 1669, la commune de Valdeblore. Quant au hameau de Mollières, il est mentionné comme appartenant à la juridiction de La Roche et de La Bolline. Valdeblore était dirigé par un conseil de 6 membres élus, avec un syndic désigné pour un an, par chaque village à tour de rôle. En 1716, une nouvelle convention réactualise ces accords. En 1669, le duc de Savoie concède le fief à Jean Ribotti, en faveur duquel il est érigé en comté. Le hameau de Mollières, sera après l’annexion de 1860 conservé par le Piémon-Sardaigne, devenant ainsi italienne en 1861, le hameau réintégrera le territoire de la commune de Valdeblore en 1947.

venanson2  VENANSON : Primitivement, Venanson était une possession des comtes de Thorame-Glandèves. La mention in castro Venacione qui apparaît au XIe siècle, fait état des dîmes du village reversées par ses feudataires, les Rostaing Raynardi (apparentés aux Glandèves), à l'église Notre-Dame-de-Cimier. Au XIIIème siècle, Venanson devient une communauté d'habitants autonome, sous la dépendance directe du comte de Provence. Elle est dirigée par une assemblée de chefs de famille qui détient le pouvoir législatif. Elle édicte ses propres lois, sous l'autorité d'un bayle qui représente le suzerain provençal. À partir de la dédition de 1388, cette communauté passe le protectorat conditionnel de la Savoie. Malgré son vaste domaine forestier qui lui procure des ressources importantes, le village a des dettes envers le duc de Savoie. En 1699, Victor-Amédée Il le vend à Jean Ribotti. Le nouveau feudataire ne conserve pas longtemps le fief car, en 1700, ce dernier est concédé aux Alziari, pour lesquels il est érigé en comté. Ensuite, Venanson passe successivement aux Genesi, Laurenti, Trinchieri et Belli. Dans le passé, les Venansonnois ont eu des différends avec les habitants de Saint-Martin-Vésubie pour des questions de limites territoriales. Ils ont même été en procès au sujet du pont de la Facciaria, qui enjambe le Boréon. Actuellement, les ventes de coupes de bois représentent la principale ressource des villageois. En effet, la forêt, qui occupe un versant exposé principalement au nord, en face du village, s'étend sur plus de 1.000 hectares. Elle est composée d'arbres magnifiques et plus que centenaires pour certains. D’autres activités tiennent également une place importante dans la vie économique : l’élevage de bovins et d’ovins et la culture de la lavande. En effet, les pentes exposées au soleil sont couverte de lavande sauvage dont les fleurs servent à la production d’huile essentielle.

villars  VILLARS : (Villars-sur-Var) Le territoire était occupé par la tribu celto-ligure des Eguituri lorsqu'il fut annexé par les Romains, en 54 avant notre ère. Le site primitif de Roccaria, sur la colline Saint-Jean, est abandonné vers l'an mil pour celui du plateau de Savel. Vilario est mentionné pour la première fois en 1078, dans le cartulaire de la cathédrale de Nice, lors d'une donation qui lui est faite par Laugier Rostaing, un membre de la famille des vicomtes de Nice. Au XIIème siècle, il passe sous la domination des comtes de Provence et il est inféodé successivement aux moines bénédictins de l'abbaye de Lérins, à la famille seigneuriale des Thorame-Glandèves, puis aux Templiers. Lors de l’affouage de 1315, 134 feux sont recensés (environ 670 personnes). Après la dédition de 1388, la seigneurie passe sous le protectorat de la maison de Savoie, qui la concède aux Grimaldi de Beuil. Les nouveaux seigneurs construisent un magnifique château dont ils font leur résidence principale, et Villars devient la capitale de leur vaste territoire. En 1412, à la suite de plusieurs révoltes des Grimaldi de Beuil, Amédée VIII donne l'ordre de détruire le château de l'Espéron. Il est reconstruit par les comtes de Beuil dès leur retour en grâce. En 1621, après l'exécution d'Annibal Grimaldi, ce sont les Solaro, marquis de Dogliani, qui sont gratifiés de la seigneurie (ainsi que celle de Bairols) par le duc de Savoie. Elle passe ensuite aux comtes Vergagno, puis en 1723, aux Salmatoris Rossillion de Cherasco, en faveur desquels elle est érigé en comté. Ils en furent les derniers feudataires. Lors des guerres opposant la Savoie à la France, Villars sera brûlé par les troupes françaises de Catinat en 1691. Les principales ressources de la commune proviennent du tourisme et de son vignoble réputé.

villefranche  VILLEFRANCHE : (Villefranche-sur-Mer) Des traces d'habitats datant de l'âge du fer ont été découvertes sur le mont Leuze. Le territoire est ensuite occupé par les Ligures puis par les Romains. L'abri sûr qu'offre la rade était déjà connu des Grecs. Quant aux Romains, ils citent l'ancrage d'Olivula Portus. Jusqu'en 1904, année de leur séparation, le territoire de Villefranche englobait celui de Saint-Jean-Cap-Ferrat, et il s'étendait jusqu'à Èze. Beaulieu avait obtenu son autonomie en 1891. Un village avait été créé sur une éminence, près du cap Roux. À partir du VIIe siècle, les incursions des Sarrasins devenant de plus en plus fréquentes, les hameaux du bord de mer sont abandonnés au profit d'un site défensif sur les hauteurs, où la population bâtit une agglomération fortifiée, Montolivo. Vers 780, les Sarrasins établissent un campement de base au Fraxinet, dans le massif des Maures, et un autre sur la presqu'île boisée de Saint-Jean-Cap-Ferrat (au lieu-dit Saint-Hospice) ce qui leur permet de lancer des raids dévastateurs sur toute la région. Ils n'en sont chassés que vers 973-974 par Guillaume le Libérateur. Le castrum de Montolieu ou Montolivo est mentionné pour la première fois aux XIIe siècle, dans le cartulaire de la cathédrale de Nice. Au XIIIe siècle, le comte de Provence Charles II d’Anjou, conscient de l’importance stratégique de la rade, et dans le but de protéger les navigateurs et les marchands y fait construire un port et une cité. Pour encourager le retour des populations sur le littoral, et accélérer ainsi le peuplement de la ville nouvelle, il leur accorde un certain nombre de franchises commerciales et d'exonérations de taxes. Pour protéger les habitants des incursions sarrasines, la ville est entourée d'une haute muraille percée de quatre portes. La charte entérinant la fondation de Vilafranca est signée le 10 août 1295. En 1388, Villefranche traite avec la Maison de Savoie et passe sous son protectorat et devient un port d’importances pour les États (essentiellement alpins) de la maison de Savoie, car celui de Nice ne fut creusé qu'en 1750. Au cours des siècles, la ville et son port éveillèrent bien des convoitises. Ils furent maintes fois assiégés, pillés et annexés, successivement par les maisons d'Espagne, d'Autriche et de France, et ce jusqu'à la Révolution. En 1543, la rade est occupé par les galères turques de Barberousse et la flotte de François Ier. À partir de 1556, afin de protéger son débouché vers la mer, le duc Emmanuel-Philibert de Savoie entreprend la construction d'un puissant système de fortifications (la citadelle SaintElme, le môle de la Darse, les forts du mont Alban et de la pointe Sainte-Hospice). Malgré cela, la ville est prise par les Français en 1691, en 1705 (guerre de Succession d'Espagne) et en 1744 (guerre de Succession d'Autriche). En 1700, la seigneurie est érigée en comté et concédée aux Germano. Elle passe ensuite aux Auda et aux Dani. En 1725, Victor-Amédée II, devenu roi de Piémont-Sardaigne, fait agrandir son port militaire de Villefranche pour abriter les galères royales. À l'ouverture du port Lympia de Nice, en 1752, celui de Villefranche, qui percevait un droit sur tous les navires marchands, perd de son importance commerciale. Après vingt-deux ans de présence française, le traité de Paris (1815) restitue le comté de Nice au roi Victor-Emmanuel Ier. Cette convention comporte une clause lourde de conséquences pour les ports de Nice et de Villefranche : la suppression de la République de Gênes et son rattachement au royaume sarde. Avec l'annexion du port génois, le rôle militaire de celui de Villefranche diminue, accentuant son déclin. Quant à celui de Nice, il perd son rôle de débouché commercial privilégié. Au XIXe siècle, à la suite des accords conclus entre Victor-Emmanuel II et l'impératrice douairière Alexandra Feodorovna (veuve de l'empereur Nicolas Ier), les Russes installent à Villefranche une base d'avitaillement pour leurs navires. Ce dépôt de charbon est situé dans l'ancien bagne des ducs de Savoie, construit au XVIIIe siècle. En 1878, à la suite de l'interdiction qui est faite à la Marine impériale de faire naviguer ses bâtiments en Méditerranée, cette base, la Maison russe, est désaffectée. À partir de 1885, elle se transforme en laboratoire scientifique. En 1917, après la révolution d'Octobre, l'équipe russe qui dirige ce laboratoire est isolée car la France ne reconnaît pas le gouvernement soviétique. Ce laboratoire est nationalisé en 1931 et depuis, il est devenu un Observatoire océanologique et une station zoologique.

villeneuve_d_entraune  VILLENEUVE-D’ENTRAUNES : Il n'est pas impossible qu'à l'époque romaine, le site ait été occupé par le village d'Abusiscum. En effet, d'après la tradition, un bourg primitif et son église ont existé sur la rive droite du Bourdous, mais ils furent détruits par les crues de ce torrent. Quant à la création de Vilanova, elle date du XIIe siècle. Elle a pour origine un prieuré qui relevait de l'abbaye bénédictine Saint-Eusèbe d'Apt, et autour duquel les habitations se sont regroupées. L'histoire de Vilanova se confond avec celle d'Entraunes car le village fit longtemps partie de la même seigneurie. Vers l'an mille, le Val d'Entraunes était inféodé à de grandes familles seigneuriales (les Glandèves, puis les Balb, Rostaing et Féraud de Thorame) sous la dépendance des comtes de Provence. Au XIIe siècle, les habitants se font accorder d'importantes franchises par leur suzerain et jouissent de véritables libertés administratives, comparables à celles de villes consulaires comme Grasse et Nice. En 1388, le Val d'Entraunes traite avec la Savoie et passe sous son protectorat avec la garantie du maintient de leurs libertés. Ils demandent également à être rattachés à la viguerie de Puget-Théniers. En effet, le Val d'Entraunes faisait partie de celle de Barcelonnette, or les voies de communication entre le haut Var et l'Ubaye étaient coupées six mois par an, en raison d'un fort enneigement. Saint-Martin et Entraunes n'obtiennent pas gain de cause, contrairement à Villeneuve et Châteauneuf qui sont rattachés à Puget-Théniers. La région devenue matche-frontière, subi pendant plusieurs siècles les nombreuses guerres opposant les rois de France à la maison de Savoie. En 1543, Villeneuve est occupée par Jean-Baptiste Grimaldi, seigneur d'Ascros, puis, en 1594 et en 1597. En 1616, Charles-Emmanuel Ier de Savoie cède ses droits sur diverses terres du comté de Nice, dont le Val d'Entraunes, à Annibal Badat qui était le gouverneur de Villefranche. Les communautés rachetèrent leur indépendance contre 1.500 ducatons, et, par lettre-patente du 4 juin 1621, le duc révoque cette inféodation. Toutefois, en 1696, Victor-Amédée II, dans le but de renflouer les caisses de son duché réclame aux quatre communautés un rappel d’impôts impayés entre 1388 et 1645. Ne pouvant le payer, elles sont vendues et inféodés. L’ensemble des juridictions fut adjugé pour 8 000 livres. Après deux ans de négociations, les dites communautés purent racheter leur libertés. En 1702, elles sont pratiquement libérées de leurs éphémères seigneurs. Villeneuve rachète le titre comtal en 1733 et redevient ainsi « comtesse d'elle-même ». En 1793, le comté de Nice est envahit puis annexé par la France. En 1814, lors de la Restauration sarde, il est réintégré dans le royaume de Piémont Sardaigne. En 1860 Le village sera annexé par la France comme le reste du pays de Nice. Au cours des siècles, Villeneuve a subi de nombreux autres maux. Il est plusieurs fois dévasté par les crues du Bourdous et par des incendies (en 1565 et le dernier en 1924).

Posté par Nebla à 17:57 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , ,
13 mai 2006

Listes de communes

A venir prochainement

Posté par Nebla à 01:35 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1  2