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25 novembre 2012

Catherine Ségurane, quand la mairie se prend les pieds dans l'étendard du Prophète

 catherine_segurane Notre Catherine Segurane a prit un drapeau aux Turcs le 15 août 1543, les services dits « culturels » de la mairie se prennent les pieds dedans encore aujourd’hui… On se demande comment des gens pourvus d’aussi médiocres connaissances peuvent être chargés des affaires « culturelles niçoises ». Dans un savant prospectus qui commence par insinuer que notre héroïne est un mythe, l’auteur, dans une belle envolée lyrique, écrit : « L’enseigne turc tombe, son drapeau, celui du Prophète, se retrouve dans les mains des défenseurs, et les assaillants se débandent… ». Eh bien avec le Saint-Suaire qui est resté quelques années à Nice, une épine de la couronne du Christ qui y est très discrètement conservée, le drapeau du Prophète qui doit être caché dans quelque placard, les anges qui veillent sur la baie. Nice va devenir une capitale religieuse !

Toutes les représentations que nous avons de Catherine Ségrurane capturant le drapeau aux turcs la montre brandissant un drapeau rouge  frappé de trois croissants d’or ; or, il est de notoriété publique que celui du Prophète était vert (le vert étant entre autre la couleur de l'islam)… les auteurs de cette ânerie doivent ignorer que les sultans de Turquie étaient à la fois califes de l'islam, dignité religieuse et empereurs, dignité civile. Ils étaient effectivement en possession de l'étendard du Prophète (ramené avec d'autres reliques à Istanbul par le sultan Sélim qui, après la conquête de l'Egypte, se les fit remettre par le dernier calife en titre en même temps qu'il lui arracha cette dignité). Selon la légende, cette simple pièce de laine verte mesurant douze pieds de long et ne portant aucune inscription servit de rideau à la tente d'Ayesha, épouse préférée du Prophète ; ce dernier (peut-être pour l'honorer) utilisa cette pièce de tissu comme drapeau durant les nombreuses guerres qu'il mena. Quand le sultan Sélim s'empara du Califat, il se fit remettre également, outre le fameux drapeau vert, le manteau du Prophète en poils de chameau, des poils de sa barbe, une de ses dents et l'empreinte de son pas dans l'argile, et ramena le tout dans sa capitale. Ces reliques était conservées précieusement au palais du sultan-calife, dans les appartements dits "de la Félicité". Le drapeau, enveloppé dans la bannière du sultan Omar, était placé dans un étui en bois incrusté de nacre et de pierres précieuses…

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_catherine_segurane_ En théorie, il devait être déployé symboliquement par le calif, "ombre de Dieu sur la terre", pour déclarer la "guerre sainte" et rallier les musulmans du monde entier. Mais il ne quitta jamais la capitale impériale et ne fut pratiquement jamais sorti officiellement de son fourreau, les sultans se contentant de menacer de procéder à ce rite mi-religieux, mi-guerrier, ce qui suffisait à mettre les récalcitrants à raison ; c'était en fait une arme dissuasive un peu comme l'est aujourd'hui l'arme atomique, l'uranium étant remplacé par la foi aveugle de millions de musulmans dans le monde. Il y a un peu plus d'un siècle à peine, le célèbre Habuld Hamid II, menacé par les puissances qui avaient mis la Turquie sous tutelle, tenta de se défendre en excitant la xénophobie ; il ne déploya pas le "saint étendard" mais se contenta de susurrer aux ambassadeurs occidentaux qui venaient lui extorquer de nouvelles concessions : “Vous connaissez les mots que peut prononcer le Commandeur des Croyants…" ; cette simple phrase était une menace précise contre les Anglais, les Russes et les Français ; le sultan signifiait en effet que, détenteur de l'étendard du Prophète, il pouvait ordonner aux musulmans d'Inde, de Russie, d'Afrique et du proche et Moyen Orient de se soulever. Cette pièce de laine verte, devenue relique historique après la mort de Mahomet, était donc un argument diplomatique, non une véritable enseigne de guerre. Tout à l'inverse, le drapeau impérial turc, rouge frappé de croissants d'or, flottait sur toutes les possessions turques et sur les champs de bataille. Le rouge était la couleur des anciens basileus de Byzance et les croissants marquaient la domination musulmane. C'est celui-là que brandissaient les janissaires turcs qui attaquèrent Nice en 1543 en tant que suppléants des forces françaises de François Ier ; ce qui est confirmé par toute l'iconographie sur Catherine Ségurane. Cette guerre contre la Maison de Savoie n'était pas "sainte" et le drapeau vert n'avait nullement été déployé, il reposait paisiblement dans son écrin à Istanbul. D'ailleurs si le drapeau du Prophète était tombé entre les mains des Niçois, le monde entier en aurait parlé comme d'une victoire plus éclatante que celle de Lépante et les Turcs auraient certainement cessé immédiatement leurs assauts contre notre ville.

 

catherine_segurane La Turquie moderne a toujours pour emblème un drapeau rouge frappé d'un croissant et d'une étoile. Le véritable drapeau du Prophète, et les reliques citées plus haut, sont aujourd'hui conservés dans un palais-musée d'Istanbul, comme des pièces historiques, non comme des symboles religieux vénérés par les foules. Celui qui a rédigé le prospectus municipal a beau jeu d'insinuer que Catherine Ségurane est un mythe, mais en inventant sottement "qu'elle a pris l'étendard du Prophète" pour enjoliver les choses, il ne craint pas d'en créer un, véritablement inepte, celui-là… L'auteur ignorait que l'étendard en question existe et que son histoire est connue. A la mairie de Nice, on n'a pas l'air de savoir que pour assumer efficacement un poste culturel, il faut un minimum de connaissances historiques.

 Mais il y a pire, puisque après le drapeau du Prophète, on nie tout simplement l’existence de Catherine Ségurane ...

 

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