Estrosi, ministre de l’industrie par hasard

Est-ce parce qu’il rêve d’une France sans usines que Nicolas Sarkozy a nommé un non-ministre de l’industrie ? L’atterrissage du maire de Nice, Christian Estrosi, au ministère de l’Industrie apparaît comme le gag du remaniement gouvernemental.

Un gag de mauvais goût au vu de l’avalanche de plans sociaux générée par la grande crise et des menaces qui pèsent sur le tissu industriel hexagonal. En tous cas, ce fidèle du président s’attendait tellement peu à hériter de cette mission qu’il avait visité un appartement de fonction… place Beauvau.

Car le rêve du « motodidacte » des Alpes-Maritimes, ancien champion de moto, c’était le « pimpon » de la police. Problème, Michèle Alliot-Marie refusait catégoriquement de l’accueillir comme ministre délégué à la Sécurité et aux Collectivités ; Brice Hortefeux n’a pas davantage voulu du député-maire de Nice.

In fine, Estrosi a été placé chez Christine Lagarde. Consciencieux, il s’est tout de même inquiété auprès du Château du fait qu’il ne s’y connaissait « pas beaucoup en économie ». Sarkozy l’a rassuré en lui conseillant de prendre comme directeur de cabinet un préfet, gage de professionnalisme et d’efficacité. Estrosi s’est exécuté en choisissant Jean-Michel Drevet, préfet du Vaucluse. Ouf, il y aura donc quelqu’un de compétent au ministère. L’industrie française est sauvée !

D’autan que Christian Estrosi a promis d’apprendre vite. La preuve ? Recevant le 30 juin les commissaires à la réindustrialisassions, mis en place en mars par le chef de l’Etat, il a clamé haut et fort : « Je me sens quelque part ministre de la réindustrialisation ! » Quelque part, d’accord… Mais où ?

Renaud Dély

Marianne / 4 au 10 juillet 2009