Compte tenu que les musulmans ont déjà de nombreuses salles de culte, nombre de Niçois s’interrogent à juste titre : pourquoi faut–il une « Grande » mosquée puisque tous les lieux de cultes sont égaux devant Dieu, le principal d’entre eux étant le coeur de l’homme, et que par ailleurs, dans le désert un simple tapis de prière fait office de mosquée ? Pourquoi devrait elle être construite « en centre ville » et pourquoi à Nice, non à Cannes, à Antibes, à Grasse, ou ailleurs ? Puisque beaucoup de musulmans en sont encore à vouloir venger les croisades et considèrent les « mécréants » comme des ennemis irréductibles qu’il faut occire, il ne serait pas étonnant que l’exigence d’une « Grande » Mosquée au centre de Nice soit, dans l’esprit de certains revanchards, une manière de laver l’affront fait à l’armée du Commandeur des Croyants qui en 1543, non seulement ne put s’emparer de notre Château, mais qu’une humble femme de Nice mit en déroute après lui avoir pris un drapeau. De veilles histoires, diront les propagateurs de philosophies décadentes, qui ne sont pas Niçois. Mais pour les vrais Niçois il ne s’agit pas là de banales pages d’histoire générale reléguées dans une virtualité floue, ce sont des affaires de famille, car il s’agit de nos aïeux.

---

Quelle personne normale, saine et respectable peut se désintéresser du sort subi par ses ancêtres ? Quel jeune peut oublier que son grand père est mort dans un camp de concentration ou victime de telle ou telle idéologie ? Notre histoire pour nous est sacrée parce que nos ascendants y ont été impliqués et l’ont écrite avec leur sang. Personne ne la dissoudra dans la laideur et l’indignité des temps actuels : se perdouna bessai, ma non s’aublida… Les Niçois connaissent la valeur des symboles mieux que quiconque et ont toujours défendu férocement les leurs. Ils savent que la guerre des symboles est pernicieuse car elle en annonce d’autres, et si sous de lénifiants prétextes on tentait de la leur imposer, ils reprendraient le battoir de Catherine Ségurane pour défendre leur drapeau.

---

L’exigence d’une « Grande » Mosquée, au centre de Nice sous un prétexte religieux semble d’ailleurs en contradiction formelle avec les prescriptions du docte M. Mohammed Al-Bouti, directeur du Département des croyances et religions à l’université de Damas. Ce personnage, diplômé de la célèbre Mosquée Al-Azhar du Caire (où il soutint une thèse qui fait référence sur Les fondements de la loi islamiste), à décliné par le menu tous les interdits qui, disons le, s’ils devaient être respectés, rendraient la vie quasi impossible aux musulmans en Europe. Et on lit sous la plume de ce rigoriste pur et dur, une mise en garde aux musulmans contre le goût du faste dans leurs maisons et leurs mosquées lesquelles doivent inciter à la dévotion. Il indique en outre, que sur les recommandation du Prophète, une mosquée doit susciter, par la modestie de ses dimensions et de ses décoration, l’humilité et non la fierté.

---

Derrière les religions prosélytes se dissimule souvent la politique qui s’en sert comme élément fédérateur et comme véhicule. Le sentiment qu’éprouvent énormément de Niçois c’est qu’une Grande Mosquée, plus qu’un lieu de prière, serait avant tout le signe visible d’une implantation triomphale et spectaculaire de l’Islam à Nice, ville que les invasions musulmanes ne purent jamais réduire à merci. Tolérants, les Niçois admettent que le culte musulman soit pratiqué à Nice, mais non d’une manière provocante et conquérante, eu égard a un passé très douloureux et à ce qu’ont subi leurs ancêtres. Le respect du à nos aïeux est la moindre des choses. Les musulmans qui n’ont pas oublié les croisades et Charles Martel, comprendront d’autant mieux que les Niçois eux aussi n’aient pas oublié leurs aïeux emmenés en esclavage et les boulets turcs qui ravagèrent et incendièrent leur ville. Les Niçois sont chez eux à Nice, ils n’ont jamais agressé personne et accueilli tout le monde, mais ils entendent faire respecter leurs ancêtres, leur histoire et leur propre quiétude. Leur attribuer la veulerie de caractère qui est monnaie courante outre-Var est une lourde erreur, car contrairement à la société française, ils n’abdiquerons jamais leur identité et leur culture ; personne ne leur fera pas prendre des vessies pour des lanternes, ils savent fort bien qui ils sont et qui leur a fait quoi. Dignes, ils n’ont pas réclamé de « repentance » ou d’excuses pour mille ans d’activités criminelles dont ils furent les victimes, mais point trop n’en faut, car cela ferait déborder le vase.

1 - Introduction

2 - Le particularisme du Pays de Nice

3 - L’identité niçoise est toujours debout.

4 - Opposition historique et options diamétralement opposées

5 - Les choix dangereux de la France

6 -Nice, terre d’accueil

7 - Les niçois ne doivent rien à personne

8 - L’affaire de la Grande Mosquée, ne doit pas être le fonds de commerce des politiciens

9 - Les raisons historiques propres à Nice

10 - Beaucoup de Niçois s'interrogent 

11 - Les religions, la lettre, l’esprit et les interprétations

12 - Beaucoup de contradictions

13 - Religion et politique

14 - Chacun a droit au respect

15 - Pourquoi de nombreux Niçois ne veulent pas d’une grande Mosquée en centre ville

16 - La réciprocité doit régir les rapports humains

17 - Accueil, oui, colonisation de Nice, non

18 - Pour conclure