Hier, nous apprenions dans les médias que l'Assemblée Nationale avait inscrit dans la Constitution les langues régionales, les reconnaissant comme "appartenant au patrimoine nationale". Cela ressemble à une victoire importante pour les langues régionales (dans notre cas le Nissart) pourtant il y a un hic dans cette annonce médiatisé. Et c'est l'artiste niçois Ben qui l'explique dans sa Newletter.

"BEN EN COLERE

Enfin nous avons eu à l'Assemblée Nationale un débat sur les langues minoritaires. Je ne sais pas ce que les autres attendaient mais moi c'était à nous faire rouler dans la farine. Première QUESTION pourquoi n'étaient-ils pas venus à l'Assemblée ce jour là et pourquoi y avait-il aussi peu de monde ? Pour les OGM c'est plein, pour les langues et les cultures c'était vide. 

Là où je suis en colère c'est avec la Ministre de la culture car si s'était agi du Ministre de l'intérieur ou même de Président de la République ça m'aurait fait moins mal de les entendre refuser de signer la charte pour les langues minoritaires. Venant de la part d'un ministre de la culture c'est insuportable.

Qu'un ministre de la culture refuse de reconnaître à un peuple le droit de parler sa langue, de pratiquer sa culture, sur son propre territoire linguistique c'est pour moi rien d'autre qu'un acte de génocide culturel.

Elle a préféré le modèle Turc qui interdit le Kurde aux Kurdes que le modèle de n'importe quel autre pays européen : Anglterre, Allemagne, Italie etc.  Dans sa conclusion, la ministre de la Culture, Christine Albanel, parlant au nom du gouvernement, a rejeté une nouvelle fois la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires .

Citant les pays européens voisins de la France qui, eux, ont signé et ratifié la charte, elle a tenu à rappeler que la France avait un régime particulier incompatible avec plusieurs articles de la charte. Pour la ministre de la culture, la ratification de la charte impliquait un « droit imprescriptible » de parler une langue régionale dans la sphère publique _ « Ce qui est contraire à des principes constitutionnels aussi fondamentaux que l'invisibilité de la République, l'égalité devant la loi et l'unité du peuple français » a-t-elle déclaré.

La constitution ne sera pas amendée, alors qu'elle est amendée régulièrement sur proposition du gouvernement pour accommoder les lois et les traités européens, Christine Albanel s'est prononcée contre l'officialisation des langues régionales, citant les coûts de traduction que cela entraînerait pour les textes officiels et les débats quant aux langues et aux textes qui devraient être traduits.

Elle a bien sûr omis de citer que c'est le cas de l'Europe et que justement, dans le cas de l'Europe, la France est tout-à-fait d'accord pour payer les coûts de traduction, même pour de petits États dont la langue a moins de locuteurs que certaines langues minorisées et non reconnues en France."