Les forces d’union niçoises ont tenu le choc, bien qu’elles aient été malmenées par le candidat de Paris et ses nombreux relais, au premier rang desquels le monopole de presse niçois qui s’est distingué par un partit pris éhonté comme on a pu le constater. Le dernier sondage paru dans le monopole s’est contredit par les urnes : M. Estrosi ? le candidat parisien que l’on créditait de 39% n(a obtenu que 35,80%, le maire sortant que l’on crédité de 22% a obtenu 23,14%, le candidat socialiste que l’on créditait de 20% a obtenu 22,3%.

Nous sommes aussi très loin du premier sondage paru dans le monopole en novembre 2007 qui donnait M. Estrosi vainqueur au premier tour avec 51% des voix. C’est la preuve absolue que les sondages ne sont pas fiables du tout, surtout s’ils sont commandés et payés par les amis de celui que l’on retrouve en tête…la première victime au soir des élections municipales à Nice, c’est la crédibilité des « sondages » du monopole de presse niçois…

M. Estrosi est en forte baisse, MM Peyrat et Allemand eux sont en hausse, rien n’est donc joué car la liste d’union du maire sortant, dispose d’une réserve de voix qui fait défaut au candidat parisien, des négociations sont en cours pour élargir cette union. En outre, les abstentionnistes qui forment le premier parti niçois, peuvent peser d’une façon déterminante sur le résultat final : une seule fraction d’entre eux peut faire basculer une situation.

Le premier tour d’une élection permet d’ordinaire de laisser la place aux sensibilités particulières de chacun tout en dégageant les courants majoritaires ; le second tour donne le choix entre les seuls courants majoritaires. Après avoir exprimé leurs sympathies ou leur mécontentement, les électeurs doivent dépasser ces convenances personnelles pour ne songer qu’au bien commun. Le choix final entre deux ou trois candidats restant en lice se base logiquement sur des critères plus solides que les effets d’annonce, à savoir la compétence, l’honnêteté et la capacité de gérer. Un homme qui use et abuse de la « communication » n’agit que dans le virtuel il ne fait pas le poids quand il s’agit de gérer une grande ville ; M. Estrosi ne fait que promettre, alors que son concurrent direct, à savoir le maire sortant, réalise…

Ce que l’on nomme « communication » n’est que l’ancienne « publicité » de notre enfance, revêtue de modernes atours. Celui qui a un bon bilan n’a nul besoin de publicité, car ce qu’il a fondé témoigne de ses capacités à gérer. A Nice, M. Estrosi et le maire sortant s’affrontent : l’un fait son fonds de commerce de l’hypothétique et du rêve, l’autre s’appuie sur du concret… Certes les rêves son agréables, mais à très brève échéance ils cèdent toujours la place à la réalité comme on le voit actuellement ; une réalité d’autan plus dure que le rêve annihile l’énergie, émousse la détermination, et paralyse l’esprit d’entreprise, qualités indispensables pour faire face aux difficultés. Dans notre monde sur médiatisé les apparences règnent, mais le bon sens populaire doit prévaloir dans le domaine important qu’est la gestion d’une cité. Dans le cas d’espèce de Nice, les Niçois disposent de nombreux points de comparaison entre les deux candidats, ce qui devrait les conduire à éliminer celui qui par une gestion calamiteuse de ses propres affaires de l’endettement croissant du Conseil général qu’il préside a largement prouvé sa totale inaptitude à gérer le budget de la cinquième ville de France.

Les forces d’union niçoises ont donc bien résisté au rouleau compresseur parisien ; elles n’ont pas permis au candidat faiseur de miracle d’avaler Nice toute crue comme ses thuriféraires l’avait annoncé à grand renfort de tambours et trompettes ; gageons que l’union pour Nice s’élargira et que le bon sens des Niçois prévaudra contre les mirages de la politico-fiction… d’autan qu’en fait de mirage, celui qui les agite devant nos yeux voyage lui, sur le dos du contribuable en Falcon à 138 000 euros…