En février 2005, il débarque a l'aéroport d'Orly et se retrouve piégé par une grève. Le voilà dans une salle dont les portes vitrées sont fermées. Il existe néanmoins une issue de secours ouvrable par bouton-poussoir sous bris de glace; que nenni, il veut sortir par la grande porte et sur-le-champs, Monsieur comme Louis XIV « a failli attendre »; aidé par un de ses collègues il commence à taper sur la porte vitrée qui ne cède pas, alors il l'attaque à coups de pied jusqu'à ce qu'elle s'effondre dans un vacarme épouvantable; les cris railleurs fusent « sauvageons ! Sauvageons ! » d'autres sont plus cinglants : « C'est scandaleux ! Indigne d'élus de la République! »; la police arrête les deux personnages qui ne vont pas en banlieue... mais à l'Assemblée nationale et à Bercy ! La carte tricolore leur évite une procédure pour dégradation de biens publics...

En 2005 il poursuit le journaliste Sébastien Fontenelle qui dans son ouvrage La Baie des Affaires commit le crime de lèse-majesté d'évoquer les affaires du Golf de Nice et Spada, l'ancien président cette d'entreprise, M. Benamar ayant déclaré qu'il aurait fourni de l'argent à certains politiciens dont M; Estrosi. Souvent dans ce pays on ne poursuit pas celui qui met le feu mais celui qui sonne le tocsin, il ne faut donc pas parler de ce qui fâche. Le 10 février, Sébastien Fontenelle comparait donc en correctionnelle. Mais la carte tricolore qui a impressionné les policiers d'Orly n'impressionne pas le tribunal de Nice et M. Estrosi est débouté.

En janvier 2008, l'Express révèle les confidences que le motodidacte aurait faites à son entourage au mois d'avril 2007 : «  Peyrat est cuit. On peut le débrancher si on s'y prend bien ; il faut le traiter habillement... » et bouleversant superbement la règle de non-cumul qui ne s'applique qu'aux pékins, mais pas à sa seigneurie qui a des passe-droits, qui aurait rajouté : « Sarko est d'accord pour que je cumule... » Nous savons que le Conseil Général des Alpes-Maritimes est en peloton de queue, qu'il baisse sans cesse l'allocation adulte handicapé et ne fait pas grand-chose pour les personnes âgées, sinon éditer des plaquettes sur papier glacé, mais là on atteint le summum : il veut « débrancher habillement... » son adversaire politique... L'image est évocatrice d'un état d'esprit qui ne semble pas correspondre à celui que l'on pourrait attendre d'un commis de l'Etat.

Au mois de février suivant, sa seigneurie, pour ne pas rater un cocktail chez Sarkosy, compromet une importante mission à l'UNESCO, puis pour rattraper le temps perdu, fait affréter un jet privé pour arriver à Washington à temps, fantaisie qui coûte 138 000 euros aux contribuables ! Le « sous-ministre des cocotiers » comme le nomme Le Canard Enchâiné bat Sarkosy qui déclarait récemment : « je ne peux vider les caisses qui sont déjà vides », lui il y arrive ! Et justifie en disant que « s'il avait su que c'était si cher, il ne l'aurait pas fait », ceci est atterrant car un personnage qui gère de si gros budgets publics doit pour le moins s'informer du coût de ses fantaisies avant de les assouvir, et non après...

On se demande s'il s'agit bien du personnage qui se prétend un gestionnaire parfait et aborde un sourire d'enfant de choeur, enfin presque, sur les monceaux de tracts qui en ce moment encombrent nos boîtes aux lettres et les containers poubelles. Ou c'est un sosie, ou c'est le même; dans ce derniers cas, les Niçoises et les Niçois ont un avant-goût de ce qui pourrait se passer à la mairie s'il était élu...

Les Nouvelles Niçoises, février 2007