Le bruit court que le monopole de presse apporte pugnacement au candidat Estrosi ne résulterait pas seulement des sommes colossales passées en publicité par le Conseil Général dans ses colonnes, mais aussi au secret désir de son patron d’obtenir un fauteuil de sénateur UMP…

Ce n’est qu’une rumeur, et seul l’avenir nous apprendra si elle était fondée. En attendant, la guerre médiatique fait rage. Nous constatons que pour tenter de contrebalancer l’effet médiatique de l’inauguration du tramway, est paru la veille dans le monopole un sondage donnant M. Estrosi vainqueur avec 57% des suffrages ! C’est le conte de fée UMP de Noël, publié avant l’heure par la faute du tramway ! Une bonne partie de la ville s’est tordue de rire, c’est plus hilarant que Hara-kiri et Charlie Hebdo réunis… Et l’on s’attend maintenant à ce qu’un sondage en février, période propice à ces divagations, puisque c’est Carnaval, donne M. Estros vainqueur à 70% des voix ; au moins… Qui sait si un carnavalier qui aimerait bien que l’on goudronne enfin la route devant sa maison dans l’arrière-pays ne fabriquera pas un char représentant Christian Ier, roi de la communication, s’apprêtant à dévorer goulûment un gâteau-sondage garni de quatre-vingt-dix-neuf bougies et neuf dixièmes de la centième… Il ne pourrait évidemment pas atteindre 100% du fait qu’il reste quand même au maire actuel sa propre voix, au cas ou même son épouse voterait pour son concurrent..

Ah, les joies virtuel… qui permet de se prendre pour Madonna, Bruce Lee, ou de se glisser dans la veste trop grande pour soi d’un maire de Nice… Les médias gouvernant aujourd’hui l’opinion, on verra peut-être, qui sait, la publication d’une vidéo-fiction, montrant le Motocrate Suprême des Sondages Cosmiques, montant sur la lune à moto sur une autoroute lactée pour y chanter Nissa la Bella… Encore faudrait-il qu’il l’apprenne, car lors de l’inauguration du tramway, il bafouillait lamentablement pendant  qu’on chantait l’hymne niçois et dans son discours le nom de Sarko supplantait celui de Nice.

Monsieur Com va sûrement l’apprendre pour sa prochaine représentation, sachant qu’à Nice il faut ce morceau au répertoire. Mais attention, cet hymne à une redoutable particularité : les Niçois s’aperçoivent immédiatement si on le chante sincèrement… déjà à Acropolis, Monsieur Com citait « ses » héros niçois… dont pas un était niçois et cette accumulation de signes offensants pour les vrais Niçois est un handicap supplémentaire surtout pour quelqu’un qui se prétend « Niçois, jusqu’au bout des ongles » alors qu’il roule dans l’écurie parisienne. Descendons des nuages pour revenir sur terre. Le tramway maintenant fonctionne, il existe, c’est concret, mais les 57% de M. Estrosi sont virtuels de chez virtuels, tout comme ses projets mirobolants pour Nice.

Après le comique, le scandaleux. Curieux sondage dans lequel il manque le noms de plusieurs candidats déclarés… dont un de poids, Alain Roullier, président de la LRLN… Avec 5000 adhérents et en comptant deux voix par foyer, cela ne ferait que 10 000 voix, plus celles de trois ou quatre mille sympathisants éparpillés dans tous les quartiers de Nice.. Broutilles que tout cela… Le monopole de presse d’un coup de gomme magique peut faire disparaître qui lui déplaît. Et voilà, punis, au piquet, et on confisque virtuellement les bulletins de votes à des milliers de Niçois. Cette pratique a un risque, celui de perdre encore des lecteurs alors que l’on en a de moins en moins…

Il y a maintes façons de manipuler un sondage, la plus sûre, c’est de ne pas citer les candidats ; un autre de leur coller 0,50% ou 70%. Créditer le maire de Nice de seulement 15% c’est déjà risible en soit, mais quand sur un autre tableau on prend connaissance des « intentions de vote », que l’on connaît l’électorat niçois et ce que pèsent les candidats, il devient évident que ce sondage n’est vraiment pas crédible pour ne pas employer de terme plus crus et plus appropriés ; c’est pourquoi seul le bénéficiaire de l’opération et ses amis l’ont pris en considération ; ils vont certainement nous en sortir d’autres de la même eau…

Et ils comptent sur ces chars d’assaut en bois pour prendre la Ville de Ségurane et de Garibaldi, en chantant cocorico, cri de guerre du coq gaulois ; mais comme les bulletins de vote des Niçois, eux ne sont pas virtuels, l’Aigle de Nice va plumer vite fait ce volatile de basse-cour, qui en perdra pour longtemps la voix… Le parti parisien en question devrait quand même prévoir, le jour du scrutin, des ambulances, des calmants et un soutien psychologique pour les crises de nerfs , et surtout tenir des avions sous chauffe à l’aéroport, pour rapatrier d’urgence à Paris ses troupes défaites… La déroute de 1995 ne leur rappelle donc rien ?

Il y a des gens qui prennent les Niçois pour des gobi prêts à avaler les plus incroyables sornettes. Ce mépris de l’électeur niçois est à double tranchant, et il peut réserver de très cuisantes surprises… En 1995, le RPR triomphant avait déjà joué à ce petit jeu malsain à Nice, l’assaisonnant de chantages aux subventions, de pressions diverses et de pressions diverses et de mirobolantes promesses : il a reçu une magistrale gifle électorale… Mais apparemment les pontes des partis parisiens n’ont pas de mémoire ; ils s’obstinent à croire que les Niçois (appelés indigènes en 1860 par les Français) sont des demeurés que l’on peut circonvenir avec des verroteries et des bulles de savon…

Eh bien si messieurs les technocrates de l’UMP s’obstinent dans la voir d’une offensante désinformation pour forcer la main aux Niçois qui n’ont nul besoin de sondages pour se souvenir parfaitement du parcours de leur poulain, nous leur prédirons une déroute plus cuisante encore que celle de 1995…

Les Nouvelles Niçoises, décembre 2007