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22 octobre 2007

Les monopoles de presse sont-ils un danger pour la démocratie en période électorale ?

Le monde de la presse a beaucoup évolué depuis ces dernières décennies. Un peu partout en Europe, les journaux les plus puissants ont absorbé les plus faibles pour former de puissant groupes qui disposent ainsi du monopole de l’information. En toutes choses les monopoles sont dangereux  pour le public puisqu’ils détiennent l’exclusivité d’un marché ; dans beaucoup de domaines, la loi tente d’équilibrer les choses, sans toujours y parvenir, mais dans le domaine de la presse, il est quasiment impossible de contrôler la véracité de l’information, sauf à instaurer une censure, ce qui serait un remède pire que le mal. Le principe démocratique sécrète donc son propre venin et les monopoles sont donc libres…même de désinformer le public. Certains y trouvent leur compte… 

La désinformation est chose subtile, elle peut se décliner de différentes manières : ne pas parler du tout d’un évènement ou d’un personnage ; les présenter sous un jour favorable ou non ; procéder à des allusions induisant en erreur ; relever certains faits, en occulter d’autres ; falsifier la vérité, monter un détail en épingle, débiter des accusations sur tel ou tel et ne pas annoncer plus tard qu’elles étaient pour la plus part infondée… Les techniques de désinformations sont multiples, par exemple les « micro-trottoirs » ou les sondages orientés, qui ne traduisent que l’avis que le monopole veut faire prévaloir.

Une question se pose : pourquoi désinformer le public ? Plusieurs raisons expliquent cette pratique : obéir à la mode du moment plutôt qu’à la vérité, hurler avec les loups par facilité, faire du faux sensationnel pour vendre du papier, ne pas heurter les acheteurs, ne pas se mettre à dos les en place, etc. Mais la principale raison demeure financière. Les patrons de presse sont des commerçants et leurs journaux ne sont pas des organes officiels mais des fonds de commerce destinés à vendre de la publicité et du papier. Les groupes propriétaires de quotidiens sont tributaires du monde politique, des mairies, des conseils généraux et régionaux qui leur assurent une manne financière colossale en annonce légales et publicités diverses. Et là, le bât blesse car avec les deniers publics, les politiciens en place confortent leur position personnelle ; ils ne passent évidemment pas de publicités dans les journaux qui critiqueraient ouvertement leurs actions ou les dénonceraient.

En période électorale, cette règle non écrite devient absolue : au nombre de photos et à l’importance des articles dont bénéficient les politiciens, on peut déterminer ceux qui sont les plus influents dans les sphères du pouvoir et ceux qui crachent le plus au bassinet (ou qui ont craché le plus avant la période électorale, comptes de campagne obligent). La désinformation malfaisant organisée est un art, que dans chaque pratiquent certaines plumes spécialisées. Ainsi le lecteur non averti ne perçoit-il pas les comptes politiques ou autres qui se règlent perfidement au gré d’articles censés informer le public. A force de pratiquer outrancièrement de telles méthodes, certains journaux deviennent de véritables torchons et se décrédibilisent ; peu à peu les lecteurs s’en désintéressent, parfois même certains groupes communautaires pris pour cible les boycottent.

Certains journalistes sont spécialistes de la désinformation. Il faut d’abord rencontrer et interviewer la personne que l’on veut desservir, car le fait d’avoir seulement parlé avec elle permet ensuite de broder à son aise et d’orienter l’article ; jamais les journalistes ne sollicitent ni n’admettent que la personne interrogée donne des réponses écrites et très précises, ce qui les empêcherait de transformer leurs propos à leur guise. La plupart des futures victimes tombent dans le piège sans se rendre compte que le journaliste ne veut pas entendre ce qu’elles veulent dire, mais étayer ce qui lui veut écrire. Il ne retiendra donc ce qu’il l’intéresse.

On arrange, on tronque, on rajoute, on insinue, quelques gouttes de venin par ici, une pincé de doute par là, et hop, le tour est joué, l’interviewé verra paraître un article tendancieux qui par des artifices de style et l’adjonction d’éléments extérieurs, trahit ou édulcore sa pensée. La loi prévoit un droit de réponse, mais souvent il n’est pas inséré du tout, ou on le tronque copieusement, et l’auteur de l’article ou ses supérieurs en profitent pour en mettre encore une couche. Inutile de dire qu’en période électorale où la transparence est capitale, ces manipulations d’opinions sont un véritable danger pour la démocratie.

Nous sommes contraints de constater que l’information est aux mains est aux mains de gens qui ne pensent qu’au tiroir-caisse et assez souvent se livrent à de la véritable désinformation. Dans le cas il ne reste plus qu’une seule solution aux démocrates, frapper à la caisse et se faire un principe de ne plus jamais acheter les journaux qu’ils ont pris en flagrant délit de désinformation. Ce grave problème dépasse nos frontières et l’on peut souhaiter que les instances européennes légiféreront pour refondre et uniformiser le droit de la presse, afin de renforcer la démocratie.

Les Nouvelles Niçoises, octobre 2007

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