Que pensez-vous du tourbillon médiatique électoral ?

Il ne m’intéresse pas et je m’en tiens le plus possible éloigné. Tous ces débats dont je n’entends que distraitement les échos, tiennent à la fois des conversations du café du Commerce et du théâtre du Boulevard ; la pièce que l’on y joue est la même depuis des décennies, quant aux acteurs ils sont de plus en plus mauvais : ils ressemblent à des bateleurs de foire proposant des potions magiques aux chaland. Comment les Français peuvent-ils encore prêter intérêt ) un si piètre spectacle et accorder une quelconque confiance aux représentants des partis qui, à tour de rôle, ont fait preuve de leur nullité absolue ? Cette surenchère de nationalisme français sur fond de faillite et d’immoralité laisse de marbre mon cœur Niçois…

Mais il faut bien s’y intéresser…

Pourquoi ? Pour cautionner des gens qui assurent qu’ils feront demain ce qu’ils n’ont pas fait hier et nous décevront dans six mois ? Pour écouter des candidats qui usent et abusent de la démagogie à un tel point qu’ils ne sont plus crédibles avant même de gouverner ? Ces politiciens ont verrouillé le système, les médias, les sondages, ils forgent l’opinion avec des agences de communications et des effets d’annonces de la même manière que l’on vend de la poudre à laver plus blanc. Et en plus ils veulent que nous légitimions ces comédies par les urnes, que nous participions à cette foire aux illusions qui n’est que fausseté et carton-pâte ? C’est beaucoup trop me demander. Puisque de toute manière ils ne tiennent jamais leurs promesses et vendent du vent aux chalands, nous avons le droit de ne pas participer à leur grande braderie de printemps.

Aucun des candidats ne vous séduit donc ?

Les électeurs ne les ont pas choisis, ils sont imposées par les partis parisiens. Ces petits chefs sont devenus « grands » en marchant sur la tête de tous leurs « mais politiques » de la veille ; arrivées en position d’assumer un « destin national », ils ont déjà trempé dans tant d’intrigues et de complots de partis, que les honnêtes gens ne peuvent cautionner. D’ailleurs depuis cette situation malsaine existe la plupart des électeurs ne votent pas vraiment pour un candidat de leur choix, mais pour celui qu’ils détestent moins que l’autre, c’est un chantage politique. Je ne peux me résoudre à participer à cette lamentable et indigne tartufferie tricolore, que de surcroît nommer « débat démocratique », ce qui est un comble.

Alors que préconisez-vous ?

L’expérience m’a conduit à tirer certaines conclusions. Je pense que les Niçois ne doivent se préoccuper que de Nice. Le pouvoir parisien et la politique « gauche-droite » ont très grandement nui à Nice ; depuis 1990 les partis ont mis la main sur la ville et ont chassé tous les Niçois des postes de direction, on voit le résultat : en seize ans, la ville est devenue méconnaissable ; elle est dans un état lamentable et on la saccage de façon qu’elle n’ait plus aucun caractère niçois ! Les Niçois ne doivent pas se diviser et encore moins s’entre-déchirer pour des gens qui se moquent d’eux et ne valent rien ; il faut qu’ils se désintoxiquent de la politique française et recentrent leur intérêt sur Nice. Ce qui nous importe, c’est comment notre ville sera dirigée et quel avenir l’attend. Les élections municipales et cantonales sont les seules qui doivent polariser notre attention. Pour le rester, voter ceci ou cela, ce sera exactement pareil, car ce système politique n’est qu’une caricature de la démocratie. Il faut être conscient qu’au point de faillite morale et économique où, à tour de rôle, ces gens ont conduit la France, il n’existe plus aucune marge de manœuvre et aucun candidat n’a eu le courage d’annoncer les mesures drastiques indispensables dans certains domaines cruciaux… le bateau continuera donc à sombrer inexorablement et le coq gaulois agrippé au mat continuera à crier cocorico jusqu’au moment où il fera glou glou et nous avec… Choisir entre la peste et le choléra n’a aucun intérêt, autan jouer le pouvoir au dès, nous économiserons au moins le coût énorme des frais de campagne car les partis sont subventionné avec nos impôts…

Vous êtes donc pessimiste ?

Non, lucide. Il suffit d’ouvrir les yeux et lire la presse étrangère. Je ne me reconnais plus dans ce pays qui collectionne toutes les tares avec une volupté morbide, qui nivelle tout vers le plus bas, et organise avec délectation son propre suicide ; mon pays c’est Nice, pour  elle il faut se battre et je me battrai. Pour la sauver, il faut en premier lieu que les Niçoises et Niçois reprennent le pouvoir municipal ; ce pouvoir de gérer la ville, il faut à tout prix l’arracher aux partis parisiens et le rendre aux Niçois. Cette première et importante étape permettra d’organiser la résistance à la décadence que la France nous infuse à grosses doses comme des piqûres de poison. Pour Nice c’est vital, et les Niçois le savent bien, car ils vivent la mort de leur ville chaque jours en direct… Et après nous, il y a la jeunesse niçoise qui est sacrifiée et lourdement endettée d’avance ; elle sera chassée de Nice par la spéculation immobilière ; et il y a nos paysages saccagés, Nice massacrée, transformée en dortoir de béton pour riches étrangers avides de mer et de soleil qui n’y vivront que quelques semaines par an…Non et cent mille fois non, les vrais Niçoises et les vrais Niçois n’admettront jamais cela, ils sont chez eux, dans la ville qu’ont bâtie leurs ancêtres et ils se battront.

Mais le civisme voudrait que l’on vote aux présidentielles ?

Le civisme, dans un régime sain c’est d’abord de ne pas prendre les électeurs pour des imbéciles. Et la démocratie permet justement aux citoyens de refuser d’être pris pour des imbéciles. Le civisme, dont les politiciens osent se gargariser n’est pas de cautionner un système corrompu moralement et en faillite, c’est de refuser de prêter la main à des compromissions, c’est de refuser les mensonges et de refuser de légitimer ce qui est méprisable. Les partis ont faussé le débat démocratique, ils ont fait une OPA sur l’Etat de manière à gouverner à tour de rôle en excluant les autres de leur club très fermé ; les électeurs sont muselés et n’ont aucun choix réel Dans ces conditions, que les politicards fassent ce que bon leur semble sans nous, il faut que la faillite dont ils sont conjointement responsables leur incombe totalement et qu’ils ne s’abritent pas derrière nos votes. Il faut que ce système politique vicié et gangrené s’effondre le plus tôt possible. Assez de nuls, de carriéristes et de menteurs, assez de mots creux, assez d’incompétence, assez de démagogie, il faut mettre fin au régime des partis qui a mis la France à genoux et instaurer le règne de la valeur et du bon sens. Si les Français n’ont pas le courage de le faire, tant pis pour eux, ils auront ce qu’ils méritent. Nous Niçois, nous le ferons à Nice…

Alors, vous ne voterez pas ?

Oh, que si, je voterai. Mais je ne voterai pas blanc, ce serait trop commode pour eux et ne traduirait pas exactement ma pensée. J’inscrirai sur un rectangle de papier : « NICE LIBRE » et je glisserai l’enveloppe dans l’urne… Ainsi non seulement je refuserai ce système politique détestable mais je proposerai une solution salvatrice pour Nice… Les Niçoises et les Niçois qui se sont désintoxiqués de la politique française pourront faire comme moi. Sans être voyant, je peux leur assurer que dans très peu de temps ils se féliciteront de l’avoir fait, alors que les autres qui par habitude votent encore pour les partis parisiens, seront furieux et dégoûtés une fois de plus par ceux qu’ils ont élus… « abonnés on à déjà donné ! » pourrait-on dire… Les Niçois doivent sortir de ce cercle infernal et ils le peuvent en reprenant le pouvoir chez eux et moi je ne veux pas « rêver pour changer la France » comme dit un candidat, parce qu’en fait de « rêve » les politiciens en feront un cauchemar pire que celui que nous vivons actuellement ; il faut travailler et lutter pour sauver Nice d’aujourd’hui afin que nos jeunes aient un avenir. Nous ne devons rien attendre de Paris, sinon que des choses détestables pour Nice et il faut absolument mettre fin le plus vite possible à la main-mise politique des partis sur notre ville. Pour résumer ma pensée : pensez niçois, mangez niçois, soutenez l’identité niçoise, regroupez-vous entre Niçois et faites renaître la solidarité niçoise, aidez les jeunes Niçois et les plus âgés qui après une vie de travail se trouvent dans le dénuement, votez niçois et tous ensemble, nous rétablirons une situation aujourd’hui fort compromise : nous devons le faire et tous ensemble, nous le pouvons… 

Les Nouvelles Niçoises, avril 2007