Dès l’été prochain, un inventaire de la biodiversité va débuter dans le parc du Mercantour. Par son exhaustivité, ce recensement des espèces végétales et animales sera le premier en Europe et le second à l’échelle mondiale, après celui lancé aux Etats-Unis au milieu  des années 1990 et toujours en cours dans les Montagnes rocheuses. Candidat, le Mercantour était en concurrence avec plusieurs autres sites du vieux continent, de la Géorgie à la Macédoine. Associé à son voisin et jumeau italien Alpi Marittime, il a été choisi par consortium international de grands musées d’histoire naturelle et de jardins botaniques.

Seulement 10% des espèces sont connues

Avec l’aide de Bruxelles, ce réseau d’excellence appelé EDIT (European Distributed Institute of Taxonomy) financera le projet et enverra sur place des équipes de chercheurs issus de 15 pays. Certains spécialisés en champignons, d’autres en scarabées ou en limaces. Les prospections se focaliseront en Haute Roya sur un secteur transfrontalier de 10 km², à cheval sur les parcs Alpi Marittime et du Mercantour. Située côté niçois au-dessus de Castérino et de Saint-Dalmas-de-Tende , la zone est représentative de l’exceptionnelle biodiversité d’un massif montagneux à la confluence des climats alpin, méditerranéen et ligure. Ambitieux, les objectifs des scientifiques sont à la mesure de notre relative méconnaissance des milieux naturels. « A peine 10% des espèces sont recensées dans le monde » rappelle Olivier Gargominy, du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. « Les 90% à découvrir provenant principalement du monde du petit et du microscopique, des groupes d’insectes et de mollusques marins ».

Dix ans de travail au minimum

Mais quel intérêt, se demandera le public, à établir un tel inventaire ? A engager des fonds relativement conséquents pour une mission réclamant au minimum dix ans ? « la découverte d’une espèce, explique Benoît Lequette, chef du service scientifique du Mercantour. Peut déboucher sur des applications pratiques, sur la mise au point d’un nouveau médicament, d’une parade efficace contre un insecte vecteur de maladies. Dans tous les cas, elle permet de suivre le réchauffement climatique, de mieux connaître et protéger notre environnement. De l’évolution des espèces, n’oublions jamais que dépend celle de l’Homme ».

Deux insectes découverts en 2006

En 2006 dans le Mercantour, deux nouvelles espèces ont été découvertes, Un insecte aquatique à la Minière, près de Castérino, et un papillon nocturne à la Brigue par deux entomologistes. En 2005, une limace à ce jour inconnue a été photographiée en Haute-Tinée par un garde du parc.

Ci-dessou le papillon découvert près de la Brigue en 2006 et baptisé « Dyscia royaria ».

Dyscia_royaria