Dans un article paru dans le monopole de presse niçois, il est indiqué que le Trophée d’Auguste avait été dynamité par Louis XIV ; à force de reprendre les falsificateurs de notre histoire, petit à petit on les force à dire la vérité. Précisons qu’à l’époque, Louis XIV, c’était la France et les soldats qui ruinèrent Nice et martyrisèrent les Niçois (on pendit même à la porte pairolière, pour l’exemple, une enfant de seize ou dix-sept ans) étaient des soldats français. 

Un peu plus loin on nous dit qu’au début du XIXe siècle, sous l’impulsion de “l’élite intellectuelle [pro-française] du comté”, “le vestige va peu à peu renaître, retrouver des parcelles de sa grandeur, grâce à une habile reconstitution partielle”. Mais il faut préciser que “l’élite” en question qui pontifiait beaucoup et falsifiait l’histoire de Nice (et en particulier l’annexion frauduleuse de 1860 et les événements de 1871), ne mettait guère la main à la poche, pas plus que le gouvernement français qui ne soutint pas financièrement ce sauvetage. 

La plaquette imprimée pour l’inauguration de la restauration du monument indiquait clairement que cette opération n’avait pu être menée que “Grâce au concours généreux de Monsieur Edward Tuck, citoyen américain, ami de la France”. Aujourd’hui, ce mécène n’est même pas cité et ce sont les bourgeois pro-français que le monopole de presse honore… On est tenté de dire : Fas de ben à Bertrand… Mais les Niçois n’ont plus leur mot à dire à Nice et ceux qui les gouvernent n’ont que faire de leur histoire comme de leur avenir. 

Esbroufe et opportunisme.

Une association para-municipale s’obstine à fêter “l’acte fondateur du comté de Nice”, acte qui n’a jamais existé ! En effet, il ne s’agissait que d’une appellation d’honneur qui ne fut jamais formalisée officiellement par des lettres patentes royales, indispensables en l’occurrence et seules créatrices de titres nobiliaires attribués à des régions, des villes ou des particuliers. Ladite association a jeté son dévolu sur l’acte de dédition de Nice à la Savoie, signé en 1388. Mais cet acte ne fait nullement mention du désir des Niçois de voir ériger leur pays en comté, pas plus que du désir du comte de Savoie de le faire. Pas un mot dans l’acte de dédition n’a trait à ce “comté” mythique. Les Niçois se sont alliés avec les Savoie et leur ont accordé un protectorat sous diverses conditions strictes, pour échapper aux troupes provençales de la Maison d’Anjou qui venaient attaquer Nice. D’ailleurs, Nice qui s’était proclamée commune libre deux cent ans avant et avait chassé les féodaux, n’avait nullement l’intention de se voir inféoder.

En revanche, quand le comte de Savoie a été fait prince du Saint-Empire et que la Savoie est devenue duché souverain, des lettres patentes ont été signées par l’empereur d’Allemagne, Sigismond de Luxembourg. Laissons donc se ridiculiser ceux qui, totalement ignorants de notre histoire, s’emparent de quelques éléments de celle-ci pour les cuisiner à leur sauce. Esbroufe, occupation de l’espace médiatique, photos dans le monopole de presse… Non seulement ils trahissent notre histoire, mais ils s’en servent de faire-valoir… et en plus, dans leurs écrits, ils situent “l’acte essentiel” le 27 septembre 1388, alors qu’il s’est déroulé le 28 !

Les perles en toc qui émaillent le magazine d’information de la ville.

On lit en page 5 d’un encart pour enfant inséré dans le magazine : “En 1860, au cours d’un référendum, les Niçois se prononcent à une écrasante majorité pour la France.” Il est véritablement scandaleux que la mairie tente d’ancrer un mensonge éhonté dans la tête des petits Niçois ; chacun sait que l’annexion fut le fruit d’une occupation militaire, puis d’un plébiscite (non d’un référendum) truqué de A à Z ; les bulletins non n’existaient pas, il n’y a avait d’isoloir, etc. ; l’ouvrage Nice, demain l’indépendance d’Alain Roullier, qui fait référence sur la question, prouve indubitablement, documents à l’appui, qu’il y eut au mois seize fraudes majeures !

On comprend que le magazine municipal ne soit que très peu lu et qu’il finisse par paquets entiers dans les poubelles… Notre argent est encore gaspillé à pleines mains. Un jeu où trois réponses sont proposées à chaque question est aussi affligeant ; une des réponse étant systématiquement débile, ce qui laisse supposer que les petits Niçois sont des crétins ou qu’ils ne sont plus Niçois du tout :  “Quel était le nom romain de Cimiez… c) Djibouti” ; “Au temps des Grecs, Nice s’appelait… c) Aïoli” ; “En 1543, quel était le nom du chef de la flotte turque… Barbe à papa” ; “Il n’y a pas de château, pourquoi ?… c) Il a été enlevé par des extraterrestres” ; “Le Nissart est une variante de… c) La langue de vipère”… etc. Nous constatons que la mairie met vraiment l’identité niçoise à l’honneur. Pour clore ce festival d’imbécillités, encore une falsification historique, mais en image celle-là : une petite France tricolore déguisée en locomotive dont la fumée forme le chiffre 1860 tire une minuscule barque appelée Nice sur laquelle trône un burlesque personnage de carnaval… Quand on pense que c’est nous, Niçois, qui en plus du désastre que nous subissons, finançons ces insanités, il n’est pas étonnant que la tension aille crescendo à Nice contre le responsable.

Le Conseil général n’est pas en reste.

Dans un luxueux dépliant que le ministre-ex-motocrate fait adresser à ceux qui ont affaire au conseil général, on remet une couche de falsification historique : dans un article qui se veut savant, le pseudo écrivain Barbu (labellisé par le monopole de presse, ce qui veut tout dire), qui, dit-on, fait des pieds et des mains pour remplacer Nucéra mais qui fatalement n’y parvient pas, effectue sa petite pirouette publicitaire gratos sur notre dos, car ce dépliant est payé avec l’argent public ; on ne rate pas une occasion de caser sa photo, même si on signe des âneries. Le voilà qui pleure des larmes de crocodile sur le pauvre Napoléon III que l’histoire aurait mal jugé, appelant au secours Philippe Seguin (!) et d’autres, qui sont à l’histoire ce que la vase est à la rivière. Selon l’imposant barbu, les Alpes-Maritimes devraient à Badinguet “le chemin de fer, les routes, les écoles, les musées et l’urbanisation des villes”. A Nice donc, selon lui, il n’y avait rien de tout cela avant 1860…  C’est sans doute pour cette raison que toutes les cours d’Europe y résidaient (évidemment sous des tentes de fortune et à même la terre battue) et qu’elle abritait une dizaine de consulats… Nice avait un port de commerce, une Cour d’appel, des tribunaux correctionnel et de commerce, un barreau, une chambre d’agriculture, le Consiglio d’Ornato, des facultés de médecine, de pharmacie, des écoles, des théâtres, une manufacture des Tabacs, l’éclairage au gaz, des routes, des monuments, des palais, des salons littéraires et musicaux, un service des Postes, de voitures et de bateaux, des imprimeries et tout ce qui caractérise une grande ville. Elle n’a pas attendu Napoléon III pour exister.

Le chemin de fer : cadeau oui, mais à qui ?

Maintenant, parlons du chemin de fer “cadeau de Napoléon III”, l’une des plus belle affaires que les capitalistes et l’Etat français aient fait sur le dos des Niçois. Ce projet était déjà dans les cartons du gouvernement sarde (plusieurs études n’attendaient que le feu vert du ministère) et se serait réalisé de toute manière car les banquiers français désiraient relier le réseau ferroviaire français au réseau italien pour s’ouvrir un fabuleux marché commercial. L’Etat français n’a pas donné un centime, mais simplement une caution sans risques à la société PLM, qui avait l’exclusivité de l’opération. En sus l’Etat français, colossale affaire, se réservait de récupérer tout le réseau 80 ans plus tard, toujours sans bourse délier… Ce ne fut pas un “cadeau aux Niçois” mais un fabuleux cadeau aux affairistes de l’Empire.

En effet, en 1852, le réseau ferroviaire français appartenait par tronçons à diverses petites compagnies, et Napoléon III décida de les faire racheter par une seule société, le PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) qui désormais aurait l’exclusivité des réseaux ferroviaires en France. Quand vous connaîtrez le nom de la personne qu’il chargea de l’opération, vous aurez tout compris : le comte de Morny, son propre demi-frère, surnommé à juste titre “le plus grand tripoteur de l’empire” ! On imagine ce qu’il dut gagner… le 3 juillet 1857 l’empereur signa à Plombières le décret approuvant la fusion des lignes, et ratifia le décret ministériel du 19 juin précédent concédant au PLM les lignes à construire ou à achever, dont le tronçon Toulon-var. L’annexion de Nice était nécessaire pour aller plus loin. Ce “détail” réglé manu militari par une occupation militaire et un plébiscite truqué, Badinguet s’empressa de signer le 22 août 1860 le décret N° 8190 autorisant le PLM à effectuer le tronçon Var-Nice. Monaco qui avait conservé sa liberté eut droit au chemin de fer gratuitement puisqu’il fallait à tout prix atteindre la frontière italienne pour remplir les coffres des banquiers français et ceux de la famille impériale. Le 7 mai 1862, dernier acte de la juteuse comédie du “cadeau à Nice”, la France et l’Italie signèrent la convention autorisant la jonction des réseaux ferroviaires des deux pays, et le PLM hérita évidemment du marché. Banco, c’était gagné, pour le gros capital français et le demi-frère de l’empereur qui raflait sa part du gâteau… 

Alors, cessons une fois pour toutes de parler de “cadeau” fait aux Niçois car c’est vraiment les prendre pour des imbéciles. Beaucoup de sociétés étrangères s’intéressaient de près à ce fructueux projet et les Niçois, s’ils avaient été indépendants, auraient facilement réalisé eux-mêmes l’opération à la place de l’Etat français ; en sus, ils auraient récupéré le réseau 80 ans plus tard. Il conviendrait que le barbu qui se pique de compilations historiques à l’eau de rose, et a étalé dans le magazine du conseil général les habituelles falsifications historiques, lise Nice demain l’indépendance d’Alain Roullier où tout ceci est expliqué en détail, chiffres, documents et dates à l’appui. Les Niçois en ont franchement assez que les clampins stipendiés qui traînent leur plume dans les médias monopolisés, falsifient leur histoire. Désormais nous réagirons sans tarder. 

Les Nouvelles Niçoises