Voici un bref résumé de la vie de Henri Sappia, car il y a beaucoup de chose à dire sur sa vie alors, que les Niçois connaissent peu (la biographie de Sappia dans "Nice-Contemporaine" réédité par France Europe Edition fait près de 40 pages! Et encore ce n'est qu'un résumé!), donc pas question pour vous cher visiteurs de vous faire 40 pages de biographie, parce que d'une part j'y serai encore entrain d'écrire cette article, et d'une part vous auriez déjà décroché depuis longtemps...c'est pour ça que je vais faire un trés court et bref résumé. Si vous voulez en savoir plus, achetez le livre "Nice-Contemporaine" (voire article)

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Pour beaucoup de Niçois, Henri Sappia n’est que le nom d’un boulevard, et ce n’est pas étonnant car il cultiva le secret toute sa vie.

Henri Sappia est né le 17 avril 1833 à Touët de l’Escarène, il fut emmené très jeune à Nice où il passa son enfance et fit ses premières études. Jeune homme, il quitta Nice, y revenant quelques fois pour de brefs séjours, et toujours, comme il l’écrit lui-même, il en fut « éloigné chaque fois à regret par une raison imprévu, je pourrais dire fatale… ».

Après un demi siècle d’absence et de vie tumultueuse, il put enfin, au soir de sa vie, se réinstaller dans cette ville qu’il aimait et dont le souvenir ne l’avait jamais quitté ; il passa les dix dernières années de sa vie à exhumer et à glorifier le passé de Nice et du pays niçois et en fondant l’Académia Nissarda ainsi que la revue Nice-Historique, existant toujours aujourd’hui.

Il est décédé le 29 septembre 1906, dans son modeste logis au 28 rue de la République, à Nice. ses obsèques eurent lieu le matin du 1er octobre, il fut inhumé au cimetière de Caucade, dans quelques mètres de terre attribué ç titre gracieux par la municipalité de l’époque, en considération des services éminent qu’il avait rendus à Nice. sa vie fut une aventure et un combat pour la liberté.

Titulaire de quatre doctorats des universités de Turin et de Naples, Henri Sappia ne fut pas seulement un grand érudit, mais aussi un grand défenseur de la liberté en Europe.

Conspirateur, propagandiste des idées nouvelles, révolutionnaire progressiste et grand défenseur de Nice, il fut trois fois condamné : la première pour avoir conspirer contre le tyran Ferdinand II de Naples, la seconde pour avoir comploté contre Napoléon III, et une troisième fois par contumace pour sa participation à la Commune de Paris.

En février 1871, après les élections qui donnèrent une écrasante majorité aux indépendantistes, il assista à l’invasion militaire de Nice. il relata ces événement et tous les détails des turpitudes de l’administration impériale à Nice dans un livre, Nice-contemporaine, qui dénonçait également la bourgeoisie niçoise corrompue qui par vénalité avait vendu Nice à Napoléon III. Il partit pour Londres afin de faire imprimer cet ouvrage capital pour les Niçois.

Mais tous les exemplaires furent saisie à la frontière et détruit par la police française. Il n’en resta que quelques rares exemplaires, dont un fut traduit en français et réédité récemment (voir articles ci-dessous consacré au livre)

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Il mourut pauvre comme il avait vécu volontairement, alors que ses titres, son érudition et sa réputation auraient pu faire de lui un homme riche et honoré. Dans Nice-contemporaine, il donne les preuves des droits de Nice et prône son indépendance, ce qui explique que les universitaires et les cercles savants pro-français ne soufflèrent mot de son livre et firent en sorte de donner une image réductrice du personnage, en utilisant notamment la seule photo qu’ont est de lui : l’image parfaite du vieil érudit, avant de le laisser tomber dans l’oubli.

Serviteur infatigable de la vérité et de la liberté, ce grand Niçois admiré par l’élite intellectuelle de toute l’Europe, mais quasiment inconnu dans sa propre patrie, mérite notre reconnaissance et d’entrer désormais officiellement au Panthéon des héros niçois.