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Les fouilles : 

En 1965, lors d’importants travaux de terrassement entrepris pour la construction d’un immeuble une zone d’habitat préhistorique a été localisée. Des fouilles de sauvetage sont alors organisées de janvier à juillet 1966. une succession de plage datés de 400 000 ans et riches en matériel archéologique et en structures d’habitats, on été ainsi mises au jour.

A cette époque, le niveau de la mer était de 26 mètres au-dessus du niveau actuel. A plusieurs reprises, des Hommes préhistoriques vont faire une halte sur ces plages et laisser les vestiges de leur campement. Les préhistoriens ont réalisé le moulage de l’une d’entre elles : c’est le grand moulage du sol « DM » d’une superficie d’environ 60 m². on y trouvera également des traces de foyers aménagés parmi les plus vieux au monde.

Le musée :

Le musée a été inauguré le 16 septembre 1976, au rez-de-chaussée de l’immeuble. C’est un musée de site puisqu’il a été installé à l’emplacement même de la découverte. Comme tous les musées de site, il est organisé en trois parties :

-          Un tableau général permet au visiteur de se remettre en mémoire les grandes étapes de l’évolution de l’Homme et replacer l’époque de Terra Amata dans l’ensemble de la Préhistoire.

-         La collection permanente présente l’ensemble des trouvailles effectués lors des fouilles, les analyses et les déductions que l’on peut en tirer. La vie quotidienne des Homo Erectus d’il y a 400 000 ans est ainsi retracée, avec une reconstitution de leur habitat.

-         Enfin la troisième partie est destinée aux expositions temporaires.

L’environnement :

Grâce à la géologie (variation du niveau des mers, stratigraphie des niveaux archéologiques, sédimentologie, etc.), il fut possible de reconstituer l’environnement dans lequel évoluer les Homo Erectus de Terra Amata : il y a 400 000, le paysage de Nice s’était établi sous un climat plus chaud qu’à l’heure actuel. C’était pendant une période interglaciaire, le niveau de la Méditerranée était 26 mètres au-dessus que son niveau actuel, immergeant une grande partie de Nice, la colline du Château était un îlot et l’estuaire du paillon était une zone marécageuse.

Et grâce à la palynologie (étude des spores et des pollens) la flore de l’époque à put être elle aussi reconstitué, avec trois grandes associations végétales :

-          Des essences méditerranéennes (comme le pin d’Alep, le chêne vert, le chêne blanc, l’oléastre, les cistes, le genêt d’Espagne, …)

-          Une végétation plus montagnarde (pin sylvestre, bouleau,…) dont les pollens sont apportés sur le bord de mer par les courants d’air de secteur nord des vallées du Var et surtout du Paillon.

-          Et enfin une végétation de bord de rivière ou de marais (saule, épinard, graminées, anthémis, …)

La faune :

           Tous les ossements d’animaux retrouvés sur la plage correspondent a des restes de repas. Ainsi éléphants antiques, rhinocéros de prairie, aurochs, cerfs, thars de Bonal, sangliers étaient-ils principalement au menu de ces Homo Ercetus… Mais ils ne dédaignaient pas non plus daims, lapins, tortues, oiseaux (mouettes, perdrix, aigles), poissons (anguilles, sars) coquillages (escargots, moules, patelles, huîtres)…

Mais les os pouvaient également servir d’outils. C’est par exemple le cas de dents retouchées ou de bois de cerf usées. Ces bois de cerfs sont une précieuse indication de la saison à laquelle ces hommes fréquentaient le rivage. En effet quand ils sont complets, ils sont toujours attachés aux os du crâne. Ce sont donc des « bois de massacres » et non des « bois de chute ». Cela montre qu’ils ont été chassés à la fin du printemps, en été ou en automne…

La hutte :

            Contrairement aux idées reçues, les Hommes préhistoriques ont rarement séjournés dans des grottes. Les habitats ont variés en fonction de l’évolution des Hommes et de leurs environnement : un simple enclos en branchages, abris sous roches, huttes, cabanes en os de mammouths, maison de pierres. Les traces de structures ne sont pas évidentes à interpréter mais à Terra Amata, elles ont permis la reconstitutions des huttes que fabriquaient ces Homo Ercetus d’il y a 400 000 ans.

L’outillage :

            Le site de Terra Amata a livré une abondante ndustrie sur galets calcaires, de type acheuléen, qui servait à assurer les taches quotidiennes : chasse, dépeçage, coupe du bois etc.

Cette industrie est caractérisée par de nombreux outils taillés sur une seule face ((les choppers, les pics et les hachereaux), et d’autres, plus rares, taillés sur deux faces (chopping-tools et biface).

On trouve également des petits outils (racloirs, denticulés, pointes, grattoirs, becs) qui ont été taillés dans le silex, de la rhyolite ou de la chaille.

Leur fabrication était effectué sur le site même dans des endroits précis que les préhistoriens appellent « l’ateliers de taille ». on y retrouve des éclats, des nucléus, des percuteurs.