Voici la liste des communes du « Comté de Nice » par ordre alphabétique (à l'exeption de Nice) pour apprendre un peu plus sur les autres communes de l'ancien comté (tel qu'il était avant 1860) :

ascros2ASCROS : Des ossements humains entourés d’anneaux et de boutons en bronze, retrouvés dans une tombe à tumulus, ont été datés de l’âge de bronze final III ( 1600 – 1400 av. J-C). Les vestiges d’un petit catsellaras attestent que les Ligures occupèrent également le territoire d’Ascros. Au Ier siècle av. J-C les Romains y installent un poste de surveillance. On a découvert des poteries, des pièces de monnaie, des lampes à huile et des vases, ainsi qu’un sarcophage. En 972, le seigneur de Crocis participe, aux côtés de Guillaume Ier de Provence, dit le Libérateur, aux batailles qui aboutirent à l’expulsion des Sarrasins installés dans le massif des Maures. Vers la fin du XIIe siècle, à la suite d’un différent avec les moines de Lérins, le seigneur de Crosis délaisse les habitants de Villeveille, Rourebel et St-Antonin, et fait construire l’église et le château de Scros (ce n’est qu’à partir de 1760 que l’appellation Ascros est utilisée). Vers 1250, Scros dépend de la toute nouvelle baillie de Puget-Théniers. En 1298, les Châteauneuf avaient succédé aux Crocis, ils en furent les coseigneurs jusqu’en 1387. Au cours du XIVe siècle. Après la dédition de 1388, Aiglun, Le Mas et Scros passe sous la protection de la Savoie. En 1391, le comte de Savoie donne une partie du fief d’Ascros à Jean Grimaldi de Beuil. Des textes de 1411 et de 1432 nous confirment que les Grimaldi en sont les coseigneurs, avec Honoré Marquesan, seigneur de Coaraze. En 1621, à la suite de l’exécution pour trahison d’Annibal Grimaldi, Scros, Toudon et Tourrette-Revest sont inféodés aux Galléan pour plus d’un siècle. En 1744, à la mort de Jean-Baptiste Galléan, sans descendance directe, Marcel Caissotti, seigneur de Roubion, hérite, par mariage, des fiefs de Scros, Toudon et Tourrette-Revest. La famille Galléan-Caissotti de Roubion les conserva jusqu’en 1776 (par sentence du Sénat de Nice de juillet 1752, les Caissotti avaient dû prendre le nom et les armes des Galléan). A partir de février 1793, Ascros est annexé par la France, comme tout le comté de Nice. Le village redeviendra sarde en 1815. Et comme pour tout le reste du comté, Ascros sera de nouveau annexé par la France via le plébiscite truqué de 1860.   

 


 

aspremont2ASPREMONT : Vers 350 avant notre ère, la tribu ligure des Védiantiens était installé sur le territoire d’Aspremont-le-Vieux. Les vestiges d’un castellaras ligure y sont encore visibles. Cette enceinte fortifiée, construite avec de gros blocs de pierres sèches (le mortier de chaux fut introduit par les Romains) entourait un bâtiment rectangulaire. A l’époque médiévale, un village occupe encore le site. Vers l’an mille, Aspremont est un fief des vicomtes de Nice. Une fille de cette grande famille seigneuriale épouse Raymond Rostaing, apparenté aux Thorame-Castellane-Glandèves qui possédaient également Valdeblore, Venason, Rimplas, Isola et Roure. Elle lui apporte Aspremont en dote. Sur le mont Barri, à l’emplacement d’un castellaras ligure, le seigneur Rostaing fait construire un château-fort afin de contrôler la vallée du Var. Le fief appartient aux Rostaing jusqu’en 1240, date à laquelle il passe sous la suzeraineté des comtes de Provence. Raymond Chabaud, seigneur de Saint-Blaise, en fait alors l’acquisitions. Cette famille va le conserver jusqu’en 1406. Lors de la dédition de 1388, Aspremont passe sous le protectorat de la maison de Savoie. Le fief, qui comprenait les territoires de Castagniers et de Colomars, fut pendant longtemps l’un des plus puissants du comté de Nice grâce à sa population stratégique, frontalière avec la France et le duché de Savoie (futur royaume de Piémont-Sardaigne). En 1406, Ludovic Marquesan, coseigneur de Coaraze, en est investit par le duc de Savoie Amédée VIII. Le premier château est abandonné en 1438 et le seigneur du lieu en fait rebâtir un nouveau, au sommet du village actuel. Comme celui de Nice, ce château servit de défense avancée face à la France. En 1442, le fils de Ludovic Marquesan, Honoré vend Aspremont à Barthélemy Borriglione, coseigneur de Contes et de Berre. Erigé en comté en 1621, le fief reste une possession des Borriglione jusqu’en 1777, date à laquelle Marinet Lascaris, petit-fils de Charles Antoine Lascaris-Vintimille (seigneur de Castellar et consul de Nice en 1713, 1720 et 1721) en reçoit l’investiture, avec le titre de comte. Par mariage ou par héritage, Aspremont appartient ensuite aux Grimaldi et aux Caravadossi. Vers 1075, l’abbaye de St-Pons (fondée à la fin du Xe siècle), bénéficie de plusieurs territoires en donation : Levens, Saint-Blaise, L’Escarène et la moitié de Colomars entre autres. L’église Notre-Dame-des-Salettes et le prieuré d’Aspremont vont dépendre de cette abbaye de 1247 jusqu’à sa suppression en 1749. En 1874, à la suite de dissensions sur la gestion de pâturages, Aspremont, Colomars et Castagniers se séparent et deviennent des communes distinctes.

 

 

auvare2AUVARE : Des tegulae (tuiles romaines) et des marques de fabriques trouvées sur le site attestent qu’il fut occupé par les Romains. Vers 850, des hordes saxonnes envahissent la région. D’après certains chroniqueurs,  des cités comme Vence et Glandèves (Entrevaux) sont totalement détruites. Les habitants de Glandèves se réfugient sur des éperons rocheux et fondent Auvare, Daluis, Saint-Légers et La Croix. La paroisse d’Auvare dépendit toujours de l’évêché de Glandèves. Après une deuxième vague d’invasions, les habitants de la région subissent des incursions dévastatrices et continuelles des Sarrasins. Lorsqu’en 973, Guillaume Ier de Provence (dit Guillaume le Libérateur) chasse ces derniers du massifs des Maures, il donne à Balb de Vintimille la baronnie de Beuil et ses 22 villages. Un de ses descendants, seigneurs du Puget, devint baron d’Auvare. C’est au XIIIème siècle qu’est mentionné le château d’Azoara, construit sur un site inaccessible, sa position stratégique lui permettait de contrôler la route de Beuil. Le comte de Provence, Charles Ier d’Anjou, y établit une garnison. Le fief appartit à Guillaumes de Glandèves de St-Auban, en coseigneurie avec les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (en 1312, tous les biens des Templiers avaient été dévolus à ces derniers). Le seigneur de Saint-Auban et du Puget participa à la guerre féodale qui opposa les comtes de Provence aux Castellane et aux Glandèves. En 1278, il cède Auvare et le château de Puget-Théniers à Charles Ier d’Anjou, en échange de Muy. Auvare reste inféodé et en 1296, il relève de la viguerie de Guillaumes. Guilhem de Puget, vassal de Figuanières, devint le seigneur de ce fief. En 1548, c’est le capitaine de l’île Ste-Marguertite, Joseph de Cambis, qui en fait l’acquisition auprès de Melchiona de Castellane, dame de Figuanières. En 1578, sa fille vend le titre ç la dame de Beuil, épouse d’Honoré Grimaldi. En 1705, c’est au tour de Louis Corporandi, issu d’une riche famille de la Croix, d’acheter ces terres à Maurice Grimaldi. Lors du Ier traiter de Turin (1760), Auvare et La Croix sont cédés au royaume de Piémont-Sardaigne, et sont intégré alors au Pays Niçois. Après leur rattachement de 1760 à l’Etat Sarde, les habitants continuèrent à parler en provençal et à utiliser le français pour leurs écrits. Les actes notariés de cette période étaient rédigés en sarde mais portant la mention « lu et expliqué en langue locale ». En 1774, pour services rendus par Pierre Corporandi, seigneur de la Croix, le roi de Piémont-Sardaigne érige le fief en baronnie. Les Corporandi se sont également illustrés dans l’armée et dans la marine aux XVIIIe et XIXe siècles. La route de Puget-Théniers à Auvare, achevée en 1923, est sur le tracé d’un chemin taillé dans le rocher en 1887.