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Sainte Réparate, sainte patronne de Nice

réparate

Réparate est la sainte-patronne de Nice mais également de Florence et de Teano en Campanie, elle est aussi honorée à Pise et en Corse. Elle donne aussi son nom à plusieurs communes en Provence et en Corse. Elle est fêtée le 8 octobre.

Originaire de Césarée Maritime, Réparate serait morte en 250, à l'âge de 15 ans, lors des persécutions de l'empereur romain Dèce.

Tout d'abord, on aurait tenté de la brûler vive mais elle fut sauvée par une averse opportune. On lui fit ensuite boire de la poix bouillante, mais une fois de plus elle survécut. Finalement, elle fut décapitée et son corps placé dans une barque qu'on laissa dériver sur la Méditerranée. L'embarcation atteignit les côtes niçoises et fut ramenée sur le rivage par des anges. Ses restes furent ensevelis dans une chapelle située à l'emplacement du Vieux-Nice actuel avant d'être déposés dans la cathédrale Sainte-Réparate en 1690.

Tout comme saint Tropez, saint Lazare ou les saintes Maries, sainte Dévote et Marthe qui arrivèrent dans le sud de la France par la Méditerranée, le culte de sainte Réparate symbolise aussi l'expansion de la chrétienté depuis la Terre sainte, véhiculée par les marchands, les soldats ou les voyageurs.

Ses principaux attributs sont la colombe, parfois sortant de sa bouche, la palme du martyre, un livre ou encore la bannière de la Résurrection.

À noter que le Dôme de Florence fut dédié à Réparate jusqu'en 1298, comme l'attestent de nombreuses peintures primitives florentines où elle est représentée aux côtés de la Vierge.

A Nice, la cathédrale actuelle qui lui est dédiée à était construite entre 1650 et 1699.

Sainte-Réparate est célébrée le 8 octobre.

 

barque1

 

 


1571 : Quand les Niçois participaient à la Bataille de Lépante.

andré provana de leyni

Le 7 octobre 1571 se déroula la bataille de Lépante, en Grèce, une des plus grandes batailles navales de l’Histoire opposant l’Empire ottoman à la « Sainte Ligue » (alliance militaire entre le Royaume d’Espagne, la République de Venise, les Etats Pontificaux, la République de Gêne, les Etats de Savoie ainsi que la Toscane, Urbino, la Sicile et l’ordre des Hospitaliers).

463 navires s’engagèrent dans cette bataille (212 pour la Sainte-Ligue, 251 pour les Ottomans) qui vit la victoire de la Sainte-Ligue ayant un retentissement dans toute l’Europe et mettant un coup d’arrêt à la progression ottomane en Méditerranée orientale ainsi que le contrôle de la Méditerranée occidentale (marquant également la fin des razzias turques).

Les Etats de Savoie participaient à cette bataille en envoyant 3 navires depuis Nice (qui avec Villefranche sera le seul débouché maritime de la Savoie de 1388 à  1815 date à laquelle la République de Gêne est annexée) « La Capitaine », « La Piémontaise » et « La Marguerita » composés d’équipages essentiellement Niçois sous le commandement d'André Provana de Leyni  amiral de la flotte savoisienne qui s’illustra lors de la bataille de Lépante en prenant d’assaut avec Juan d'Autriche (commandant la flotte de la Sainte-Ligue) le navire d'Ali Pacha, amiral de la flotte ottomane (l'amiral turc sera tué pendant l'assaut, décapité, sa tête sera accroché au mat du navire amiral espagnol pour saper le moral des ottomans).

« La Capitaine » vaincra seule contre deux navires turcs.

« La Marguerita » y perdra tout son équipage sauf 12 hommes.

« La Piémontaise » perdra tous ses officiers.

Aujourd’hui deux rues à Nice commémorent cet évènement. Les rues Lépante et Provana de Leyni

André Provana de Leyni (1511-1592) sera chargé par Emmanuel-Philibert de Savoie de renforcer les défenses côtières niçoises avec la construction du fort du Mont-Alban et de la Citadelle de Villefranche. Il sera également à l’origine de la première véritable (mais modeste par le nombre) marine savoisienne. Il prépare en peu de temps une petite flotte et réussit à rendre sûres les côtes des États de Savoie et à en faire connaître au loin le drapeau. La politique navale suivie permet de disposer d'un certain nombre de galères armées sans pour autant les équiper d'un armement trop conséquent qui aurait été coûteux. En 1560, André Provana a sous ses ordres une dizaine de navires et malgré ce faible nombre, sa flotte est d'une remarquable efficacité, elle est ainsi plus rapide que celle de Gênes et son équipage mieux nourri et mieux traité. Selon certains historiens, l'action d'André Provana constitue la véritable origine de la marine piémontaise, laquelle donnera plus tard naissance à la marine italienne.

lépante

28 aout 1944, libération de Nice

plaque commémo

La veille le 27 août, le Comité insurrectionnel prit la décision de déclencher le soulèvement général pour le lendemain dès six heures, bien que ne disposant que d’un peu plus de cent hommes armés de grenades, de 20 mitrailleuses, 40 mousquetons et quatre mitrailleuses lourdes.

Le 28 août, jour de l’insurrection :

A l’heure dite, des combats éclatèrent simultanément en plusieurs points de la ville ;  à l’angle du Bd Auguste Raynaud un véhicule de gradés allemands fut neutralisé par une grenade et les résistants récupérèrent les armes ; à 7h30, un camion allemand tractant une arme lourde arriva par le boulevard Joseph Garnier ; il fut lui aussi attaqué à la grenade et les assaillants s’emparèrent d’une mitrailleuse lourde et de mausers ; un troisième subira le même sort et les habitants construisirent une barricade pour empêcher les renforts allemands de passer.

Bientôt les groupes Francs du Mouvement ''Combat'' vinrent appuyer leurs camarades, à 10 heures, la plupart des gardiens de la Paix rejoignirent les insurgés ; on se battait dans toute la ville et un chef de groupe surnommé «Loulou » se signala en tuant six allemands en cinq minutes …

Le général Nickelman, commandant des forces allemandes, fit savoir à midi que si l’insurrection ne cessait pas immédiatement il ferait bombarder la ville et la mettrait à feu et à sang, tous les combattants pris serait traités en franc-tireurs et fusillés sur place ; cet ultimatum ne fit que raviver la détermination des insurgés. De ses retranchements de Gairaut, du Mont-Alban de la caserne Auvare et du col de Villefranche, l’ennemi canonnait la ville : du Château il mitraillait le Vieux-Nice ; mais bientôt les servants Polonais se mutinèrent, gênant momentanément la défense allemande.

Dans la journée les combattants étaient un millier, avec peu d’armes et déjà à court de munitions ; l’on attendait l’arrivé des maquisards qui, près de Levens, harcelaient les troupes allemandes refluant vers l’Italie.

En peu de temps et malgré les tirs nourris de mortiers, toutes les positions stratégiques tombèrent aux mains de la Résistance : la Poste thiers, la gare SNCF, les Ets Michel, le siège de la police, puis la Gendarmerie, le Lycée Masséna, la Préfecture, l’Hôtel de Ville, l’Usine à Gaz, le siège de la Milice, le dépôt du TNL, la gare Saint-Roch, la caserne Filley, le garage Renault…Les locaux de l’Eclaireur furent investis ainsi que les principales imprimeries et l’on commença immédiatement à imprimer tracts et affiches appelant à la révolte.

L’après-midi, vers 18 heures et après d’âpres combats, les blockhaus du Bd Gambetta, de l’avenue de la Victoire et de la place Saluzzo furent pris d’assaut, mais la lutte se poursuivait autour de certaines positions. L’ennemi comprit en fin de journée qu’il ne pourrait faire face au soulèvement populaire.

Et la kriegsmarine évacua en hâte la position du château ; le général Nickelman informa l’état-major général allemand qu’il allait être contraint d’évacuer la ville , selon lui « infestée de 4 000 terroristes ». Beau compliment, puisque selon les dires du général chaque résistants se battait comme quatre hommes….

Vers 19 heures les artificiers allemands firent sauter le port de Nice, deux môles, le phare, les grues, et coulèrent plusieurs navires à quai. Deux heures après, la flotte alliée canonna les blockhaus du front de mer, déjà abandonné par leurs occupants. Toutes les forces allemands se replièrent, dévalèrent des collines et quittèrent enfin la ville qu’elles mitraillèrent rageusement au passage. Une colonne de la FFI descendue de Levens s’apprêtait à appuyer les combats du lendemain, car une contre-offensive était encore à craindre. Elle n’eut pas lieu et les libérateurs purent défiler dans les rues de Nice ; l’extraordinaire liesse populaire sera teinté d’un seul regret : si les insurgés avaient disposé de plus d’armes et de munitions, pas un ennemi n’aurait pu s’échapper de Nice.

Deux jours après, les troupes américaines entraient à Nice où déjà la plupart des corps municipaux et d’Etat étaient reconstitués ou en voie de l’être.

Nice s’était libérée seule, sans l’aide des troupes alliés, et elle peut s’enorgueillir d’avoir été l’une des rares dans ce cas. En 1914, les politiciens français avaient accusé publiquement les soldats niçois de lâcheté, alors que 4 000 d’entre eux allaient donner leur vie pour la France. Le 28 août 1944, Nice à définitivement lavé l’affront immérité de 1914, rachetant de son sang la lâcheté et les fautes criminelles commises par toute une partie de la classe politique française qui elle, en 1940, n’avait pas défendu son drapeau.

Le bilan était de 23 morts et 280 blessés du côté des insurgés niçois.

Les Allemands perdirent quant à eux 21 hommes et 105 furent prisonniers ainsi que 4 morts côté italien.

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Résistants niçois tirant depuis les toits, 28 août 1944 (photo : site de l'ANACR 06)