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Il y a 475 ans, prenait fin le siège de Nice

catherine segurane 1C’est le 8 septembre 1543 que les franco-turcs commencèrent à lever le siège de Nice, devant l’avancée d’une armée espagnole mené par Charles II de Savoie, pour secourir les Niçois les libérant de près de trois mois de siège.

Rappel des faits

Le siège de Nice eu lieu de juin à septembre et se déroula dans le cadre de la 9e guerre d’Italie (1542-1546).

Le roi de France, François Ier allié depuis 1536 au sultan turc Soliman le Magnifique, ordonna de prendre la ville de Nice, se parjurant en transgressant sa propre décision, prise le 10 septembre 1523 « de renoncer solennellement à tous les droits que pourrait avoir la couronne de France sur Nice ».

20 000 Franco-Turcs, sous les ordres du duc d’Enghein, mirent le siège devant la ville pendant que 120 galères de combat de la Sublime Porte, commandées par Keir-El Dîn Barberousse (au service du Sultan Soliman, d’où ce prénom arabe) attaquaient Nice par la mer ; cette armada était accompagnée de 40 galiotes, 4 mahonnes et 22 galères françaises.

Le premier assaut fut repoussé le 2 août : les ennemis installèrent une batterie de 25 canons à Cimiez, 20 canons et 6 couleuvrines sur la pente du Mont-Gros, ainsi que 28 canons et 2 couleuvrines géantes au Mont-Boron.

Le 7 août, les Turcs attaquèrent le quartier Riquier, le 8 et le 9 on se battait dans les faubourgs Lympia et Sincaire. Un chroniqueur de l’époque raconte : « le mardi 11, l’artillerie du château embocqua une canonnière des Turcs et tua le neveu de Barberousse, capitaine d’artillerie…Barberousse s’arrachoit la barbe de dépit ».

Les assauts reprirent, et du 12 au 15 août, plus de 1 200 coups de canons furent tirés sur la ville. Le jour de l’Assomption, la flotte ennemie tira 975 coups de canons et autant de boulets de 75 et 109 livres. La défense faiblit ; une bugadière, Catherine Ségurane, monta aux créneaux, assomma avec son battoir à linge un porte-étendard Turc et lui arracha son drapeau.

siege de nice 1543

Malgré cet acte héroïque, la ville basse fut contrainte de capituler le 22 août, mais le château résista. Les Français ravagèrent la ville basse. Pendant une trêve, Barberousse envoya ses janissaires pillaient la ville même temps que d’autres escouades allaient razzier jusque dans le haut pays. Du donjon qui arborait toujours le pavillon de Savoie, l’on vit passer une longue file de 5 000 prisonniers enchaînés, natifs de Nice, la Bolène, Sospel, Lantosque ou d’autres villages. Ils furent entassés dans les bateaux pour être vendus comme esclaves. Fort heureusement apparut la flotte espagnole qui bloqua la baie et  contraignit Barberousse à libérer son butin humain.

Le 7 septembre 1543, l'armée de secours, sous le double commandement de Charles II de Savoie et Don Alphonse d'Avalos, marquis Del Vasto, s'annonça par voie de mer et de terre, venant de Ligurie. Les assiégeants levèrent le camp les 8 et 9 septembre 1543, tandis que la ville était en grande partie incendiée et pillée. Le duc Charles II de Savoie fit son entrée à Nice le 12 septembre 1543. Progressivement, les troupes ducales reprirent le contrôle du territoire.

Les conséquences

Ce siège fit cruellement réaliser à la Maison de Savoie que Nice, son seul accès à la mer, était mal défendu. Emmanuel-Philibert, marqué par ce siège et succédant à son père Charles II en tira les conclusions en entreprenant la construction d’un imposant système défensif sur le littoral niçois. En plus de la citadelle de Nice ; il construisit le fort du Mont-Alban, la citadelle de Villefranche et le fort de Saint-Hospice (au Cap Ferrat). La citadelle de Nice et le fort Saint-Hospice seront détruits par Louis XIV après les sièges de Nice de 1691 et 1705.

Le siège de 1543 marquera aussi profondément la mémoire collective, en particulier avec la figure de Catarina Segurana, incarnant l’esprit de résistance du peuple niçois.

catarina segurana


"Les Niçois parlent aux Niçois"

Retrouvez chaque lundi à partir du 3 septembre, la nouvelle émission hebdomadaire en direct de Paraula Libre ; « Les Niçois parlent aux Niçois » de 18h00 à 20h00, qui traitera d’actualité ; sport, culture de la semaine écoulée et de la semaine à venir.

Premier invité : Noel Delfin et Lu Barbalùcou.

nicois parle au nicois paraula libre

Saint-Roch

st-roch vitraille

Saint Roch (1340 - 1379) est honoré le 16 août. Il est le patron des chirurgiens, dermatologues, paveurs de rues, apothicaires, fourreurs et tanneurs de peaux, pelletiers, fripiers, cadreurs, mais aussi protecteur des animaux et des maîtres chien. Son culte, très populaire, s'est répandu dans le monde entier.

On invoque Saint-Roch contre les épidémies de peste, choléra, Typhus, ect. Contre la silicose des tailleurs de pierre, des paveurs et carriers. Contre les maladies des animaux et de la vigne.

Fils d’un consul de la ville de Montpellier, il fut orphelin très jeune et confié à son oncle. Il étudia probablement la médecine, car pour soigner un bubon (devenu l’un des attributs du saint) il utilisait une lancette, instrument en usage chez les médecins de l’époque à Montpellier. A sa majorité, il abandonna tous ses biens qu’il distribua aux pauvres et partit en pèlerinage pour Rome. Il s’arrêta dans plusieurs villes d’Italie ravagées par la peste où il s’employa à servir et soigner les malades. Il s’arrêta à Plaisance (Emilie-Romagne) également en proie à l’épidémie de Peste où le saint lui-même finit par contracter la maladie. Il se retira dans la forêt près de Plaissance pour ne pas infecter les autres. Il fut sauvé par son chien qui lui apporta quotidiennement du pain pour se nourrir. Saint-Roch est généralement représenté avec son chien (le terme de « roquet » pour désigner un chien, viendrait du nom du saint), d’où l’expression pour désigner deux personnes inséparables : « c’est Saint-Roch et son chien » (une expression niçoise équivalente : « Se quiton pas mai que San Roc e lou siéu can »).

Concernant le quartier Saint-Roch, le nom du quartier vient de l’église qui lui est dédiée.

eglise st-roch

Suite à l’épidémie de peste ravageant Nice en 1631, les habitants du quartier souhaitent construire un édifice consacré à Saint-Roch (protecteur des épidémies). Une première chapelle est achevée en 1661. Sa construction a été financée par tous les habitants et propriétaires du quartier. Une église plus grande fut élevée en 1790. Puis elle a été restaurée en 1892. Pour le bicentenaire de sa construction, l’église a été consolidée et repeinte en respectant la décoration d’origine avec ses couleurs et ses trompe-l’œil.

Le culte dédié dans le Pays Niçois à Saint-Roch, protecteur des épidémies, est important, de nombreux villages possèdent une chapelle dédié à ce saint, ou au moins un oratoire ou une statue dans une église. Saint-Roch est d’ailleurs le saint-patron du village de Venanson, ainsi que de la Vernéa de Contes.